
À seulement 15 ans, Decampo Madiese a troqué les bancs de l’école contre les rues de Kinshasa. Orphelin de père et confronté à la précarité familiale, ce jeune élève de première humanité pédagogique survit grâce à la vente ambulante de jus en plastique. Une réalité dure, marquée par l’abandon scolaire et les responsabilités précoces.
À Kinshasa, Decampo Madiese, âgé de 15 ans, survit grâce à la vente ambulante de jus en plastique dans les rues de la capitale. L’équipe d’eco-vie.cd l’a rencontré sur le terrain, où il exerce ce petit commerce pour subvenir aux besoins de sa famille.
Originaire du village de Kimvula, dans le Kongo-Central, il vit actuellement à Cité Verte, chez sa tante maternelle. Orphelin de père, décédé récemment à Kinshasa, Decampo porte seul une lourde charge familiale. Sa mère, quant à elle, réside toujours au village natal.
Le jeune adolescent explique qu’il n’a pas pu poursuivre sa scolarité cette année. Il affirme avoir dû contribuer aux frais liés à la prise en charge de son petit frère, qui devait passer le Test National de Sélection et d’Orientation Scolaire et Professionnelle (TENASOSP).
« Je travaille pour aider ma famille et soutenir ma mère au village », confie-t-il, le regard marqué par les difficultés du quotidien.
Lors de la rencontre avec l’équipe d’eco-vie.cd, Decampo Madiese n’a pas souhaité être pris en photo, malgré les échanges sur son parcours et sa situation.
Actuellement en première année des humanités pédagogiques, son avenir scolaire reste incertain, faute de moyens financiers. Comme lui, de nombreux enfants à Kinshasa se retrouvent contraints d’abandonner l’école pour exercer de petits commerces afin de survivre.
Cette situation interpelle sur le respect des droits fondamentaux de l’enfant, tels que définis par la Convention relative aux droits de l’enfant (CDE).
Selon l’article 32, les enfants doivent être protégés contre l’exploitation économique :
« Les États parties reconnaissent le droit de l’enfant d’être protégé contre l’exploitation économique et de n’être astreint à aucun travail susceptible de compromettre son éducation ou de nuire à sa santé ou à son développement. »
La Convention garantit également :
Article 28 : droit à l’éducation, incluant la gratuité et l’obligation de l’enseignement primaire.
Article 27 : droit à un niveau de vie suffisant pour assurer son développement.
Article 3 : primauté de l’intérêt supérieur de l’enfant dans toutes les décisions le concernant.
Dans les rues de Kinshasa, derrière chaque petit vendeur ambulant, se cache souvent une histoire de survie silencieuse. Celle de Decampo Madiese illustre une réalité préoccupante : celle d’une enfance contrainte de grandir trop vite, au détriment de son droit fondamental à l’éducation et à un avenir meilleur.
✍️ Guillaumette KABEMBA PUBI