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RDC : les veuves et orphelins des professeurs d’université interpellent Félix Tshisekedi sur leurs droits

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Spread the loveLe Collectif des veuves et orphelins des professeurs d’université de la République démocratique du Congo réclame l’intervention du chef de l’État pour obtenir le règlement de plusieurs droits sociaux et financiers. Décomptes finaux, rentes de survie et prise en charge médicale figurent au cœur de leurs revendications. Les veuves et orphelins des professeurs […]

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Le Collectif des veuves et orphelins des professeurs d’université de la République démocratique du Congo réclame l’intervention du chef de l’État pour obtenir le règlement de plusieurs droits sociaux et financiers. Décomptes finaux, rentes de survie et prise en charge médicale figurent au cœur de leurs revendications.

Les veuves et orphelins des professeurs d’université de la République démocratique du Congo en appellent directement au président Félix-Antoine Tshisekedi. Leur collectif réclame une intervention du chef de l’État afin d’accélérer la régularisation de plusieurs droits qu’il affirme être dus aux familles des enseignants décédés.

Le Collectif avait annoncé un sit-in ce mercredi 19 août 2026 au Palais de la Nation, à Kinshasa, de 10h00 à 15h30. L’objectif affiché était de saisir directement le président de la République et d’obtenir son implication dans le règlement de leurs revendications.

Dans son communiqué, le Collectif a formulé quatre principales revendications.

La première concerne le paiement immédiat des indemnités de décès, notamment les décomptes finaux, aux veuves et autres ayants droit des professeurs d’université décédés.

Selon le Collectif, plusieurs familles attendent depuis de nombreuses années le règlement de ces droits. Les délais évoqués vont de quelques années à plusieurs décennies. Le Collectif considère cette situation comme particulièrement préoccupante pour les familles qui dépendent de ces prestations.

La deuxième revendication porte sur le réajustement de la rente de survie, conformément aux dispositions légales que le Collectif estime applicables.

La troisième concerne l’octroi de la rente de survie aux veuves qui n’en bénéficient toujours pas, alors que le Collectif estime que cette prestation devrait leur être accordée dans les conditions prévues par la réglementation.

Enfin, les familles réclament la prise en charge des soins médicaux des veuves, qu’elles considèrent également comme un droit garanti par les textes.

La coordonnatrice du Collectif, Annie Salumu, dénonce particulièrement les retards enregistrés dans le paiement des décomptes finaux.

Selon elle, certaines veuves attendent depuis plusieurs années le règlement des droits liés au décès de leurs époux.

« Nous avons des veuves des professeurs d’université qui ont attendu 39 ans, 20 ans, 25 ans, 20, 25, 5, 3, 2 ans sans toucher le décompte final. C’est inadmissible. Nos maris ont donné cours à plusieurs cadres de la République », a-t-elle déclaré.

Une veuve du professeur ordinaire Ahuka Shamba a, pour sa part, expliqué que les différentes démarches entreprises auprès des institutions n’avaient pas permis, selon elle, d’obtenir une solution satisfaisante.

« Nous voulons atteindre le Président de la République. Nous avons été partout, nous n’avons pas été entendus. Il n’y a que le Président maintenant qui peut intervenir pour nous », a-t-elle déclaré.

Le Collectif demande également la régularisation de la situation des veuves concernant la rente de survie.

Les textes statutaires congolais prévoient effectivement des mécanismes de protection des ayants droit des personnels de l’enseignement supérieur et universitaire. L’ordonnance n°81-160 du 7 octobre 1981 portant statut du personnel de l’enseignement supérieur et universitaire prévoit notamment une rente de survie au profit du conjoint survivant ainsi que des droits en faveur des orphelins.

Le Collectif estime toutefois que l’application de ces dispositions reste incomplète pour certaines familles.

Annie Salumu affirme par ailleurs qu’aucun réajustement de la rente n’aurait été enregistré depuis 2017, alors que le Collectif considère que les augmentations générales des traitements doivent également avoir des conséquences sur les rentes.

Les soins médicaux constituent le quatrième volet des revendications.

Le Collectif demande que les veuves concernées puissent effectivement bénéficier de la prise en charge prévue par les dispositions statutaires applicables.

Cette demande intervient dans un contexte où certaines familles disent rencontrer des difficultés financières pour faire face aux dépenses médicales après la disparition du principal soutien familial.

Les membres du Collectif affirment ne pas avoir attendu la mobilisation pour saisir les autorités.

Selon Annie Salumu, plusieurs démarches ont été entreprises auprès des institutions de la République.

Le Collectif affirme avoir notamment saisi le président de l’Assemblée nationale au moment de l’élaboration du budget, après avoir été informé de l’absence de crédit destiné au paiement des décomptes finaux des professeurs d’université.

Le dossier aurait également été transmis au président de la Commission économique, financière et de contrôle budgétaire (Ecofin), avant d’être orienté vers la sous-commission chargée des dépenses.

La Première ministre ainsi que la ministre de l’Enseignement supérieur et universitaire auraient également été saisies. D’après le Collectif, la ministre de l’ESU aurait écrit au ministre du Budget, avec copie au ministre des Finances, afin de solliciter le règlement des droits des ayants droit.

Malgré ces démarches, le Collectif affirme qu’aucune avancée concrète n’a encore permis de régler l’ensemble des dossiers concernés.

Après avoir multiplié les démarches auprès des différentes institutions, les veuves et orphelins souhaitent désormais obtenir une intervention directe du président de la République.

Le Collectif demande au chef de l’État d’instruire les ministères et services concernés afin d’accélérer l’examen des dossiers et la régularisation des droits réclamés.

Pour ces familles, la situation est d’autant plus difficile qu’elle concerne les ayants droit d’enseignants qui ont consacré plusieurs années à la formation des cadres du pays.

Le Collectif estime ainsi que le règlement de ces dossiers constitue à la fois une question sociale et une reconnaissance des services rendus par les professeurs d’université à la nation.

Le sit-in annoncé pour ce mercredi 19 août au Palais de la Nation devait constituer une nouvelle étape dans cette démarche. L’annonce de la manifestation a été relayée par plusieurs médias et publications du Collectif.
Les familles attendent désormais une réponse des autorités et, surtout, des mesures concrètes susceptibles de mettre fin aux longues attentes dénoncées par le Collectif.

✍️ Guillaumette KABEMBA PUBI

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