
La République démocratique du Congo renforce sa riposte contre la maladie à virus Ebola avec la mise à disposition de 2 000 doses de vaccin pour la Tshopo et le Bas-Uele. Destinées en priorité aux équipes de première ligne, ces doses interviennent alors que la réponse à l’épidémie reste confrontée à des défis sécuritaires et à la méfiance de certaines communautés.
La riposte contre la maladie à virus Ebola franchit une nouvelle étape dans le nord-est de la République démocratique du Congo. Au total, 2 000 doses de vaccin ont été mises à la disposition des provinces de la Tshopo et du Bas-Uele, afin de renforcer la protection des personnes les plus exposées au virus.
L’information a été communiquée par le chef de la Division provinciale de la Santé (DPS) de la Tshopo, Dr Bienvenu Ikomo, lors d’une réunion de coordination consacrée à l’évolution de la situation épidémiologique.
Selon les autorités sanitaires, cette dotation doit permettre de soutenir les opérations de prévention et de protection des équipes engagées dans la riposte, notamment dans les zones où le risque d’exposition au virus demeure élevé.
À Kisangani, la vaccination ciblera en priorité les personnels directement impliqués dans la réponse à l’épidémie. Les zones de santé de Makiso, Kabondo et Mangobo figurent notamment parmi les secteurs concernés par les activités de surveillance et de prise en charge.
La stratégie prévoit une vaccination ciblée des personnes considérées comme les plus exposées, notamment les agents de santé et autres intervenants participant aux opérations de surveillance, de recherche des contacts et de prise en charge des cas.
La zone de santé de Bafwasende demeure particulièrement surveillée par les autorités sanitaires. Avant le démarrage de la vaccination dans cette zone, plusieurs opérations préparatoires doivent être menées.
Il s’agit notamment d’identifier les agents de première ligne, de sensibiliser les personnes concernées et de recenser les structures sanitaires ayant accueilli des patients confirmés positifs à Ebola.
Ces étapes doivent permettre d’assurer une vaccination ciblée et adaptée au niveau de risque dans les différentes zones concernées.
D’après les données communiquées par les autorités sanitaires provinciales, la Tshopo compte désormais dix cas confirmés de maladie à virus Ebola, renforçant ainsi la nécessité de maintenir les mesures de surveillance, de prévention et de contrôle.
La disponibilité des vaccins intervient dans un contexte où les équipes de riposte doivent également faire face à des difficultés sur le terrain.
Dans certaines localités, la méfiance et la résistance de certains membres de la communauté compliquent encore les opérations sanitaires. À Bafwasende, des agents de santé et d’autres intervenants engagés dans la riposte ont récemment été agressés.
De tels incidents peuvent perturber les activités essentielles de la réponse, notamment la surveillance épidémiologique, la recherche des contacts, la sensibilisation des populations et la vaccination.
Les autorités sanitaires appellent ainsi les communautés à collaborer avec les équipes de terrain et à faciliter leur travail afin de limiter les risques de propagation du virus.
Face à la persistance de la menace, les responsables sanitaires invitent les populations de la Tshopo, du Bas-Uele et des provinces voisines à maintenir leur vigilance.
Ils recommandent notamment de respecter les mesures de prévention, de signaler rapidement tout cas suspect aux structures sanitaires et de consulter sans délai en cas d’apparition de symptômes compatibles avec la maladie à virus Ebola.
La mise à disposition de ces 2 000 doses de vaccin constitue ainsi un renforcement important de la protection des acteurs de la riposte. Mais pour les autorités, l’efficacité de cette intervention dépendra également de l’adhésion des communautés, de la confiance envers les équipes sanitaires et du respect des mesures de santé publique.
✍️ Guillaumette KABEMBA PUBI