
Longtemps considérée comme l’un des principaux foyers de l’épidémie d’Ebola en Ituri, la zone de santé de Rwampara observe une évolution encourageante. Dans le groupement Tsere, l’implication croissante des habitants dans la sensibilisation et la prévention contribue à renforcer la riposte contre le virus.
À Rwampara, le souvenir des premiers mois de l’épidémie reste douloureux. Plusieurs familles ont été durement frappées par la maladie, certaines ayant perdu deux, cinq, voire jusqu’à sept membres. Au plus fort de la flambée, la situation était particulièrement préoccupante, avec plusieurs décès enregistrés quotidiennement dans la communauté et à l’hôpital de Rwampara.
Cette situation a toutefois progressivement changé. Les campagnes de sensibilisation conduites par les équipes de riposte, appuyées par les autorités locales, semblent avoir favorisé une meilleure compréhension de la maladie et des comportements à adopter.
Dans le groupement Tsere, les habitants ne se limitent plus à appliquer les mesures de prévention. Certains participent désormais directement à la sensibilisation de leurs voisins et des communautés environnantes.
« La population est aujourd’hui témoin de cette maladie et sensibilise les autres. C’est ce qui a permis de réduire le taux de mortalité à Rwampara. Même si cette prise de conscience est venue tard, chacun sensibilise désormais son entourage. Les cas d’Ebola sont devenus rares, mais nous ne devons pas baisser la garde », explique Zamundu, chef du groupement Tsere.
Selon cette autorité locale, aucun nouveau cas n’aurait été enregistré dans la zone au cours des dernières semaines. Une évolution qui reste néanmoins à surveiller, compte tenu du caractère hautement contagieux du virus et de la persistance de certaines résistances communautaires.
Si Rwampara affiche des signes d’amélioration, la situation demeure plus complexe dans plusieurs autres localités de l’Ituri.
Les zones de Nizi, Lopa, Iga, Miala, Soleniama et Mungamba, situées dans les territoires d’Irumu et de Djugu, continuent notamment de faire face à des réticences communautaires qui compliquent le travail des équipes engagées dans la riposte.
Pour les acteurs de terrain, l’expérience de Rwampara montre néanmoins l’importance de l’implication des communautés. La confiance, l’information et la participation des habitants constituent des éléments essentiels pour interrompre durablement la transmission du virus.
L’amélioration observée à Rwampara apparaît ainsi comme un signal encourageant, mais la vigilance reste de mise. Face à Ebola, la mobilisation communautaire demeure l’une des clés pour prévenir de nouvelles contaminations et éviter un retour de la maladie.
✍️ Guillaumette KABEMBA PUBI