
La République démocratique du Congo poursuit la mise en place d’un cadre destiné à mieux organiser son marché des crédits carbone. Une collaboration entre le ministère de l’Environnement et la Banque Centrale du Congo (BCC) prévoit notamment la création d’un registre national souverain pour assurer le suivi et la traçabilité des opérations liées aux crédits carbone.
La ministre de l’Environnement, Développement durable et Nouvelle Économie du Climat, Marie Nyange Ndambo, a échangé jeudi 24 septembre 2026 à Kinshasa avec le gouverneur de la Banque Centrale du Congo, André Wameso, autour des réformes engagées dans le secteur du carbone.
Les discussions ont notamment porté sur la mise en œuvre du nouveau régime juridique du marché carbone en RDC. Ce cadre vise à préciser les responsabilités des différentes institutions et à renforcer l’organisation du marché national.
Au cœur des échanges figure le projet de mise en place d’un registre national souverain des crédits carbone. Le ministère de l’Environnement souhaite que la Banque Centrale du Congo puisse héberger ce dispositif.
Ce registre devrait permettre de centraliser les informations relatives aux crédits carbone générés sur le territoire national, ainsi qu’aux opérations qui les concernent. L’objectif est notamment d’améliorer la traçabilité des transactions et de renforcer la transparence du marché.
Le nouveau cadre juridique prévoit justement l’institution d’un registre national du carbone comme système souverain d’enregistrement des résultats d’atténuation et des résultats transférés au niveau international.
À l’issue de sa rencontre avec la ministre de l’Environnement, le gouverneur de la BCC a souligné l’importance des réformes engagées pour renforcer la crédibilité du marché carbone congolais.
La Banque Centrale est ainsi appelée à apporter son expertise dans la mise en place de ce mécanisme, notamment en matière d’enregistrement et de suivi des opérations financières liées aux crédits carbone.
Pour les autorités, la structuration de ce marché doit permettre à la RDC de mieux valoriser son potentiel environnemental, tout en renforçant le contrôle des opérations réalisées dans ce secteur.
Cette démarche intervient quelques jours après la promulgation, le 12 septembre 2026, de l’ordonnance-loi portant régime juridique du marché du carbone en RDC.
Ce texte établit notamment l’architecture institutionnelle du marché national et prévoit un registre national du carbone présenté comme le système souverain et authentique d’enregistrement des résultats d’atténuation.
La RDC cherche ainsi à disposer d’un mécanisme permettant de mieux identifier les projets carbone, suivre les crédits générés et encadrer leurs éventuels transferts au niveau international.
Avec cette réforme, les autorités entendent renforcer la gouvernance du marché carbone et permettre au pays de mieux tirer parti de ses ressources environnementales, dans le respect des engagements climatiques nationaux et internationaux.
✍️ Guillaumette KABEMBA PUBI