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RDC : Ebola, choléra, rougeole et Mpox, le point sur la situation épidémiologique à la semaine 40

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La situation épidémiologique en République démocratique du Congo reste marquée par la persistance de plusieurs maladies, malgré des signes d’amélioration dans certaines zones. À la semaine 40, la riposte contre Ebola demeure une priorité, tandis que le choléra et la rougeole affichent une tendance à la baisse. La vigilance reste également de mise face à la Mpox, notamment après le signalement de cinq cas suspects au sein d’une même famille à Kinshasa.

Faisant le point sur la situation épidémiologique de la semaine 40, au sortir de la réunion de coordination stratégique tenue ce lundi, le directeur général de l’Institut national de santé publique (INSP), le Dr Dieudonné Mwamba Kazadi, a fait état d’une évolution contrastée des maladies à potentiel épidémique. Si certaines tendances sont encourageantes, plusieurs défis persistent en matière de prévention, de surveillance et de prise en charge.

La maladie à virus Ebola continue de mobiliser les équipes de riposte. À la semaine 40, le cumul dépasse 8 600 cas, avec plus de 4 330 décès et plus de 2 500 guérisons. Le taux de létalité se situe autour de 48,3 %, tandis que le taux de suivi des contacts avoisine 81 %.

Sur les 65 zones de santé touchées, environ 19 ont dépassé les seuils de 21 ou de 42 jours sans enregistrer de nouveau cas confirmé, selon les données présentées. Cette évolution constitue un signal encourageant dans les efforts visant à interrompre la transmission du virus.

Toutefois, les contaminations parmi les personnels de première ligne restent une source de préoccupation. Les échanges ont notamment porté sur les facteurs susceptibles d’expliquer ces infections chez les agents engagés dans la prise en charge des malades.

Face à ce risque, le renforcement de la formation du personnel, la disponibilité des intrants nécessaires et l’application rigoureuse des mesures de prévention et de contrôle des infections dans les structures de soins figurent parmi les priorités.

Une attention particulière reste également accordée aux provinces en préparation, notamment Kinshasa et le Nord-Ubangi. La Tshopo préoccupe aussi les autorités sanitaires en raison de l’augmentation des cas signalés. Des équipes supplémentaires y ont été déployées pour renforcer le dispositif de riposte.

Concernant le choléra, les données présentées pour la semaine 40 font état d’environ 2 600 cas, en baisse par rapport à la semaine précédente, marquée par une augmentation de plus de 20 % des cas notifiés.

Malgré cette évolution favorable, les provinces de l’Est continuent de contribuer fortement à la charge nationale de la maladie. Le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, le Haut-Katanga et le Tanganyika figurent parmi les provinces particulièrement concernées.

Le directeur général de l’INSP souligne une diminution progressive des cas à l’échelle nationale. Cette tendance doit être consolidée par le maintien des mesures de prévention, l’amélioration de l’accès à l’eau potable et le renforcement de l’hygiène et de l’assainissement.

Un autre enjeu concerne la vaccination dans le corridor fluvial. Les préparatifs doivent être renforcés afin de permettre une campagne coordonnée dans les provinces concernées, en synchronisation avec Brazzaville, dans le cadre des efforts visant à limiter la propagation du choléra le long de cet axe.

Après l’organisation de trois blocs de vaccination, la rougeole enregistre également une évolution favorable. Environ 650 cas ont été rapportés à la semaine 40, contre près de 700 cas la semaine précédente, selon les chiffres communiqués.

Cette diminution encourage les équipes sanitaires à poursuivre la surveillance épidémiologique afin d’identifier les provinces et les zones de santé où la maladie continue de circuler au-delà des seuils épidémiques.

La possibilité de désactiver le système de gestion de l’incident consacré à la rougeole a également été évoquée. Cette étape reste toutefois conditionnée à la mise en place préalable de mesures de résilience et de mécanismes de suivi destinés à prévenir de nouvelles flambées.

L’objectif est de consolider les acquis des campagnes de vaccination et de surveillance afin d’éviter une reprise de la transmission dans les zones déjà touchées.

La situation de la Mpox nécessite également une surveillance soutenue. Des cas continuent d’être signalés dans certaines provinces, notamment dans la zone de santé de Lubao, où des équipes de l’INSP sont déjà déployées pour soutenir les activités de riposte.

D’autres provinces font également l’objet d’une attention particulière à la suite de notifications de nouveaux cas.

À Kinshasa, les autorités sanitaires ont été alertées au sujet de cinq cas suspects au sein d’une même famille. Des prélèvements ont été effectués et acheminés au laboratoire pour analyse.

À ce stade, les résultats disponibles ne permettent pas encore de confirmer qu’il s’agit effectivement de cas de Mpox. Les investigations se poursuivent afin d’établir la nature exacte de ces infections. Des informations complémentaires devraient être communiquées lorsque les résultats et les investigations permettront de mieux préciser la situation.

En attendant, le Dr Dieudonné Mwamba Kazadi rappelle à la population l’importance du respect des mesures d’hygiène, notamment le lavage régulier des mains à l’eau propre et au savon ou l’utilisation d’un gel hydroalcoolique.

Le bilan de la semaine 40 met en évidence des progrès dans la lutte contre le choléra et la rougeole, ainsi que des signes encourageants dans certaines zones affectées par Ebola. Cependant, le nombre élevé de décès liés à Ebola, les contaminations parmi les personnels de première ligne et les nouvelles alertes concernant la Mpox montrent que les efforts de surveillance et de prévention doivent se poursuivre.

Le renforcement des équipes sur le terrain, la disponibilité des intrants, la formation des agents de santé et le respect des mesures d’hygiène demeurent essentiels pour consolider les acquis et limiter le risque de nouvelles flambées épidémiques en République démocratique du Congo.

✍️ Guillaumette KABEMBA PUBI

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