
Devenue veuve à l’âge de 42 ans, Mado Tita a été expulsée de la résidence familiale avec ses six enfants après le décès de son mari. Confrontée à la précarité et à l’exclusion, elle a multiplié les petits commerces pour assurer la survie et la scolarisation de ses enfants. Aujourd’hui âgée de 55 ans, elle milite pour une meilleure protection des droits des veuves
Lorsque son époux est décédé, Mado Tita n’avait que 42 ans. Du jour au lendemain, cette mère de six enfants s’est retrouvée confrontée à une réalité brutale : celle du veuvage, de l’incertitude et de l’abandon.
Quelques semaines après les funérailles, elle est expulsée de la résidence familiale avec ses enfants. Sans ressources suffisantes et sans soutien durable, elle dit avoir trouvé refuge dans la foi.
« Je me suis confiée à Dieu parce que je ne savais plus quoi faire », raconte-t-elle.
Face à l’extrême précarité, elle prend une décision difficile : confier provisoirement certains de ses enfants à des proches afin de leur donner une chance de poursuivre leurs études et de bénéficier de meilleures conditions de vie. Elle reste alors avec trois de ses enfants dans un modeste logement.
Mais l’espoir est de courte durée. Une année plus tard, les enfants placés dans la famille sont également renvoyés et reviennent vivre auprès de leur mère. Dans le petit studio qu’elle occupe alors, l’espace devient insuffisant pour accueillir toute la famille.
« Nous vivions dans des conditions très difficiles. Il était même compliqué de bien dormir avec les enfants », se souvient-elle.
Déterminée à ne pas céder au découragement, Mado Tita se lance dans de petits commerces. Elle vend notamment de la braise et multiplie les activités génératrices de revenus pour assurer la survie de sa famille. Grâce à ses efforts quotidiens, elle parvient progressivement à louer une maison comprenant une chambre et un salon.
Malgré les difficultés, elle poursuit un seul objectif : permettre à ses enfants d’aller à l’école et leur offrir un avenir meilleur.
Aujourd’hui âgée de 55 ans, Mado Tita est devenue une voix engagée en faveur des droits des veuves. Son expérience personnelle l’a convaincue de la nécessité de renforcer la protection juridique des femmes qui perdent leur conjoint.
Elle appelle les autorités à lutter contre la spoliation des biens des veuves, à garantir l’application des lois existantes et à mettre en place des mécanismes d’accompagnement économique pour les femmes confrontées au veuvage.
Pour elle, aucune femme ne devrait perdre son toit, ses biens ou sa dignité après le décès de son époux.
L’histoire de Mado Tita illustre le courage et la résilience de nombreuses veuves congolaises qui, malgré les épreuves, continuent de se battre chaque jour pour assurer l’avenir de leurs enfants et faire respecter leurs droits.
✍️ Guillaumette KABEMBA PUBI