Spread the loveDix ans après sa reconnaissance officielle par l’État congolais, l’Ordre national des infirmiers du Congo (ONIC) célèbre une étape importante dans la structuration de la profession infirmière. En Ituri, toutefois, cet anniversaire est marqué par un constat contrasté. Les professionnels de santé estiment que les progrès réalisés sur le plan juridique restent fortement […]
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Dix ans après sa reconnaissance officielle par l’État congolais, l’Ordre national des infirmiers du Congo (ONIC) célèbre une étape importante dans la structuration de la profession infirmière. En Ituri, toutefois, cet anniversaire est marqué par un constat contrasté. Les professionnels de santé estiment que les progrès réalisés sur le plan juridique restent fortement compromis par l’insécurité persistante et les conditions difficiles dans lesquelles ils exercent leur métier.
À l’occasion de cette célébration, le professeur Timothée Kossianza Bakamano, premier vice-président provincial de l’ONIC en Ituri, a dressé un bilan mitigé de la décennie écoulée. Selon lui, les violences armées qui secouent la province ont gravement affecté le fonctionnement des services de santé ainsi que l’organisation de la profession infirmière.
« Nous dressons un bilan mitigé parce qu’il y a eu le problème de l’insécurité. Beaucoup de structures ont été détruites et des infirmiers ont perdu la vie. Tous les infirmiers devraient disposer d’un numéro d’ordre, mais plusieurs ne sont pas encore enregistrés parce qu’ils ont dû quitter leurs milieux à cause de l’insécurité », a-t-il expliqué.
Le responsable provincial souligne également que les infirmiers continuent d’exercer dans des conditions particulièrement précaires. Le manque d’équipements médicaux, l’insuffisance des infrastructures sanitaires et l’absence de moyens de transport adaptés compliquent considérablement la prise en charge des patients.
« Ils travaillent dans des conditions très difficiles, manquent souvent d’équipements et, dans certains hôpitaux, il n’y a même pas d’ambulance. Des infirmiers sont parfois obligés de transporter les malades sur leurs propres motos », a-t-il ajouté.
Face à cette situation, l’ONIC appelle les autorités nationales et provinciales à renforcer les investissements dans le secteur de la santé. L’Ordre plaide notamment pour la modernisation des plateaux techniques des établissements sanitaires, l’amélioration des conditions de travail du personnel infirmier ainsi que le renforcement de la sécurité dans les zones affectées par les conflits.
L’organisation exhorte également les communautés locales à soutenir les professionnels de santé, particulièrement ceux engagés dans la riposte contre l’épidémie d’Ebola qui sévit dans l’est de la République démocratique du Congo. Elle insiste sur la nécessité d’accorder confiance et protection à ces soignants qui interviennent quotidiennement au péril de leur vie pour sauver celles des autres.
Cet anniversaire intervient dans un contexte où les défis sécuritaires et sanitaires demeurent majeurs en Ituri, rappelant que la reconnaissance institutionnelle de la profession doit s’accompagner d’améliorations concrètes des conditions d’exercice afin de garantir un système de santé plus résilient au bénéfice des populations.