
Au terme d’une mission de trois jours dans les principales zones touchées par l’épidémie d’Ebola en Ituri, le Coordonnateur humanitaire par intérim des Nations unies en République démocratique du Congo Damien mama a plaidé pour un renforcement du leadership national, une décentralisation accrue de la riposte et une meilleure prise en compte des réalités humanitaires auxquelles font face les populations affectées.
Cette visite l’a conduit à Bunia, Rwampara et Mongbwalu, au cœur de l’épidémie qui continue de mobiliser les autorités sanitaires, les partenaires humanitaires et les communautés locales.
Sur le terrain, le responsable onusien a rencontré des autorités administratives et sanitaires, des acteurs humanitaires ainsi que des membres des communautés directement concernées par la maladie.
À l’issue de cette mission, il a souligné l’importance de maintenir les autorités congolaises au centre de la réponse.
Selon lui, la lutte contre Ebola doit demeurer sous la conduite des institutions nationales, provinciales et locales, avec l’appui coordonné des partenaires techniques et financiers.
« La riposte doit rester portée par les autorités nationales, provinciales et locales, avec l’appui coordonné des partenaires », a-t-il insisté.
Le Coordonnateur humanitaire a également plaidé pour une décentralisation accrue des mécanismes de réponse afin que les décisions opérationnelles soient prises au plus près des communautés affectées.

Il a reconnu que des avancées encourageantes sont déjà observées dans la mise en œuvre de la riposte, mais estime que la proximité avec les réalités du terrain permettra d’accélérer les progrès.
Cette nouvelle flambée d’Ebola intervient dans un contexte particulièrement complexe en Ituri.
La province est confrontée à une crise humanitaire persistante marquée par la présence de groupes armés, des déplacements massifs de populations et un accès limité à certains territoires. Selon les estimations humanitaires, plus de 980.000 personnes déplacées vivent actuellement dans la province, tandis que le système de santé reste fortement sollicité.
Face à cette situation, le responsable onusien a insisté sur la nécessité d’adopter une approche intégrée. Pour lui, la réponse à Ebola ne doit pas se limiter aux centres de traitement et aux interventions médicales. Elle doit également inclure l’engagement des communautés, le suivi des contacts, la communication sur les risques et la lutte contre les rumeurs susceptibles de freiner les efforts de contrôle de l’épidémie.
« Une riposte efficace contre Ebola se gagne autant dans les centres de traitement que dans la confiance des communautés », a-t-il affirmé.
Le Coordonnateur humanitaire a par ailleurs mis en garde contre le risque de voir les autres priorités humanitaires reléguées au second plan. Il a souligné que la mobilisation contre Ebola ne doit pas compromettre les interventions visant à garantir l’accès aux services essentiels, à soutenir les moyens de subsistance des ménages et à préserver l’activité économique locale.
S’appuyant sur les leçons tirées des précédentes épidémies enregistrées dans le pays, il a rappelé que la réussite d’une riposte repose notamment sur l’adhésion des communautés, la cohésion sociale, la transparence dans la gestion des ressources et l’intégration des dimensions sociales et économiques aux interventions sanitaires.
La protection des populations affectées figure également parmi les priorités mises en avant lors de cette mission. Le responsable a appelé les acteurs impliqués à renforcer les mécanismes de prévention de l’exploitation et des abus sexuels et à veiller au respect de la dignité des personnes touchées par la maladie.
Au terme de sa visite, il a réaffirmé la solidarité des Nations unies avec les communautés affectées, les autorités administratives et sanitaires ainsi que l’ensemble des personnels de santé et intervenants humanitaires mobilisés dans la lutte contre Ebola.
Alors que l’épidémie continue d’évoluer en Ituri, les acteurs engagés dans la réponse s’accordent sur un point :
- la confiance des populations,
- la coordination des interventions
- et la continuité des services essentiels demeurent des éléments déterminants pour contenir durablement la maladie et limiter son impact sur les communautés.
✍️ Guillaumette KABEMBA PUBI