Un bébé de 16 mois atteint de la maladie à virus Ebola a quitté mardi le centre de traitement de Rwampara, près de Bunia, dans la province de l’Ituri, après avoir été déclaré guéri par les équipes médicales. Cette guérison constitue la première enregistrée chez un enfant depuis le début de l’épidémie qui sévit dans le nord-est de la République démocratique du Congo.
Le petit Mickey Paul a regagné son domicile en compagnie de sa mère, Mireille Kayindo, médecin de profession.
Cette dernière avait également contracté la maladie avant d’être prise en charge avec succès par les services de santé.
Selon le témoignage de la mère, les premiers signes de la maladie se sont manifestés par une forte fièvre, des diarrhées et des vomissements persistants. Après une première hospitalisation dans une clinique de Bunia et une amélioration temporaire de son état, l’enfant avait regagné le domicile familial avant de rechuter quelques jours plus tard.
« Mon fils a été hospitalisé alors qu’il souffrait de fièvre, de diarrhée et de vomissements depuis un bon moment. Nous étions d’abord admis dans une clinique au début du mois de mai. Après une amélioration de son état, nous étions rentrés à la maison, mais les symptômes sont réapparus », a raconté Mireille Kayindo.
L’état de santé du nourrisson s’est ensuite aggravé avec l’apparition de saignements buccaux, l’un des signes évocateurs de la maladie à virus Ebola. Alertée, la zone de santé a procédé à des prélèvements qui ont confirmé l’infection, conduisant au transfert immédiat de l’enfant vers le centre de traitement spécialisé de Rwampara.
« À un certain moment, il a présenté des saignements buccaux. J’ai alors contacté la zone de santé. Des prélèvements ont été effectués et nous avons été transférés au centre de traitement d’Ebola. Aujourd’hui, Dieu merci, mon enfant est guéri et se porte bien. Je manque de mots pour exprimer ma joie », a-t-elle confié.
Pour les autorités sanitaires et les équipes de la riposte, cette guérison représente un important motif d’espoir dans la lutte contre l’épidémie. Elle démontre qu’une prise en charge précoce et adaptée permet d’augmenter les chances de survie des patients, y compris les plus jeunes.
Les responsables de la riposte espèrent également que ce cas encouragera les populations à signaler rapidement les symptômes suspects et à accepter le dépistage ainsi que les soins dans les centres spécialisés.
Malgré cette évolution encourageante, la zone de santé de Rwampara demeure l’un des principaux foyers de l’épidémie en Ituri. Les équipes sanitaires continuent de faire face à plusieurs défis, notamment des actes de vandalisme contre certaines infrastructures de santé et la fuite de patients, dont plusieurs ont toutefois été retrouvés et réintégrés dans le dispositif de prise en charge.
La guérison du petit Mickey Paul apparaît ainsi comme une lueur d’espoir dans un contexte marqué par la mobilisation des autorités sanitaires et des partenaires pour contenir l’épidémie et protéger les populations exposées.
✍️ Guillaumette KABEMBA PUBI
