
Alors que la maladie à virus Ebola continue de préoccuper les autorités sanitaires en République démocratique du Congo, la société civile appelle à renforcer les stratégies d’anticipation, l’implication des communautés et les mesures de prévention, notamment à l’approche de la rentrée scolaire.
La progression de la maladie à virus Ebola dans plusieurs provinces de la République démocratique du Congo constitue un défi majeur pour le système national de santé. Malgré les efforts engagés par les autorités et leurs partenaires pour contenir l’épidémie, la rapidité de l’apparition de nouveaux cas soulève des interrogations sur les stratégies à renforcer pour mieux maîtriser la situation.
Pour Nestor Mukinay Tumb Tumb, président national du Conseil national des organisations non gouvernementales de santé (CNOS) une plate forme des organisations de la société civile dans le Secteur, il est important de ne pas se limiter aux actions déjà engagées, mais de réfléchir également aux pistes stratégiques permettant d’anticiper l’évolution de l’épidémie.
« Malgré les efforts entrepris par les instances dirigeantes dans ce processus, la rapidité de la contamination de la maladie à virus Ebola ça et là nous oblige à réfléchir davantage sur les pistes stratégiques à envisager. »
Selon lui, la riposte doit davantage prendre en compte les réalités des communautés et renforcer la prévention afin de limiter les nouvelles chaînes de transmission.
La société civile, un acteur à mieux intégrer
Pour le président national du CNOS, la société civile doit occuper une place importante dans la riposte. Les organisations présentes au niveau communautaire disposent, selon lui, d’une proximité avec les populations qui peut faciliter la sensibilisation, la remontée des alertes et l’adhésion aux mesures de prévention.
« La société civile doit être considérée comme un partenaire à part entière dans la riposte, parce qu’elle est au contact des communautés et connaît les réalités du terrain. »
Cette implication doit notamment permettre de renforcer la communication sur les risques liés à Ebola, de lutter contre les rumeurs et de favoriser une meilleure collaboration entre les populations et les équipes de riposte.
Pour Nestor Mukinay Tumb Tumb, l’objectif est de faire en sorte que les communautés ne soient pas uniquement destinataires des messages sanitaires, mais qu’elles participent également à la recherche de solutions.
À quelques semaines de la rentrée scolaire, la situation épidémiologique pose également la question de la protection des élèves, des enseignants et du personnel éducatif dans les zones touchées.
Le président national du CNOS estime que le gouvernement doit anticiper cette échéance en renforçant les mesures de prévention dans les établissements scolaires.
« Nous devons préparer la rentrée scolaire en tenant compte du contexte épidémiologique. Il faut que les écoles disposent des moyens nécessaires pour prévenir la maladie et que les enseignants et les élèves soient suffisamment sensibilisés. »
Parmi les mesures prioritaires figurent notamment le renforcement de l’hygiène, la disponibilité des dispositifs de lavage des mains, la sensibilisation des élèves et du personnel scolaire, ainsi que la mise en place d’un mécanisme permettant de signaler rapidement tout cas suspect aux services de santé.
Il s’agit également d’éviter la stigmatisation des enfants et des familles touchées ou ayant été en contact avec des personnes malades.
Pour le CNOS, la maîtrise de l’épidémie dépendra largement de la capacité des autorités à anticiper les nouveaux foyers et à renforcer la coordination entre les différents acteurs.
La société civile plaide ainsi pour une collaboration plus étroite entre les autorités sanitaires, les organisations non gouvernementales, les leaders communautaires, les médias, les établissements scolaires et les populations.
L’objectif, estime Nestor Mukinay Tumb Tumb, est de construire une riposte qui ne soit pas seulement centrée sur la prise en charge des malades, mais qui permette également de prévenir efficacement les nouvelles contaminations.
À l’approche de la rentrée scolaire, cette anticipation apparaît comme une priorité afin de garantir à la fois la continuité de l’éducation et la protection sanitaire des élèves et du personnel éducatif dans les zones affectées.
✍️ Guillaumette KABEMBA PUBI