
Face à la persistance de l’épidémie de maladie à virus Ebola due à la souche Bundibugyo dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), les autorités congolaises et ougandaises intensifient leur coopération pour prévenir la propagation transfrontalière de la maladie.
À Kasenyi, dans la province de l’Ituri, une mission conjointe a réuni les équipes d’Africa CDC, du Programme national d’hygiène aux frontières (PNHF), du ministère de la Communication et Médias de la RDC, des experts ougandais et plusieurs partenaires techniques. L’objectif était d’évaluer les dispositifs de surveillance sanitaire, les capacités de laboratoire et les mécanismes de coordination déployés à ce poste frontalier stratégique.
Situé sur les rives du lac Albert, Kasenyi constitue l’un des principaux points de passage entre la RDC et l’Ouganda. Les échanges quotidiens de commerçants, pêcheurs et voyageurs en font un corridor essentiel pour l’économie locale, mais également une zone nécessitant une vigilance sanitaire permanente.
Au cours de cette mission, les équipes ont examiné les procédures de détection précoce des cas suspects, le fonctionnement des laboratoires, les mesures de contrôle sanitaire aux points d’entrée ainsi que les mécanismes de partage d’informations entre les services de santé des deux pays. Les partenaires ont également évalué les dispositifs de coordination permettant d’assurer une réponse rapide lorsqu’un cas suspect est identifié à la frontière.
La mission a aussi mis l’accent sur la communication des risques auprès des communautés frontalières. Les autorités sanitaires estiment que la sensibilisation des voyageurs et des populations vivant de part et d’autre de la frontière est essentielle pour favoriser le signalement rapide des cas suspects et renforcer l’adhésion aux mesures de prévention.
Pour Africa CDC et l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), la lutte contre Ebola nécessite une approche régionale. Les deux organisations ont lancé en juin 2026 un plan continental de préparation et de riposte visant à renforcer la surveillance, les capacités de laboratoire, la prévention et le contrôle des infections, la prise en charge des patients, la mobilisation communautaire ainsi que la coordination entre les États membres de l’Union africaine.
Cette coopération est jugée indispensable dans un contexte où les mouvements transfrontaliers sont fréquents et où la rapidité du partage des informations peut contribuer à interrompre les chaînes de transmission.

Selon les dernières données communiquées par les autorités sanitaires congolaises, la RDC comptabilisait, au 30 juillet, 3 442 cas confirmés, dont 1 521 décès liés à l’épidémie d’Ebola. Au total, 797 patients étaient encore hospitalisés ou placés en isolement, tandis que 615 personnes avaient été déclarées guéries. Environ 78 % des contacts identifiés faisaient l’objet d’un suivi, un niveau encore inférieur à l’objectif fixé par les autorités sanitaires pour interrompre la transmission.
La province de l’Ituri concentre près de 90 % des cas enregistrés. L’OMS estime que le risque reste très élevé au niveau national, notamment en raison des déplacements de populations, de l’insécurité dans certaines zones touchées et des difficultés d’accès rencontrées par les équipes de la riposte
Le renforcement de la coopération à Kasenyi intervient quelques jours après que l’Ouganda a officiellement déclaré la fin de son épidémie d’Ebola, après avoir observé 42 jours sans nouveau cas, conformément aux critères de l’OMS. Les autorités ougandaises poursuivent néanmoins une surveillance renforcée le long de leur frontière avec la RDC afin de prévenir toute réintroduction du virus.
Pour les partenaires engagés dans la riposte, cette mission illustre l’importance de la solidarité régionale. Dans un contexte marqué par des déplacements permanents de populations, la détection précoce, le partage rapide des informations et la coordination des interventions demeurent les principaux leviers pour limiter la propagation de la maladie et protéger les populations des deux côtés de la frontière.