La Direction générale de l’Institut national de santé publique (INSP) a abrité la réunion de coordination stratégique multisectorielle consacrée à la situation épidémiologique de la semaine 42 en République démocratique du Congo. Les échanges ont porté principalement sur trois menaces sanitaires : la maladie à virus Ebola (MVE), le choléra et la rougeole.
Concernant Ebola, le bilan fait état de plus de 9 600 cas cumulés et de plus de 4 500 décès, soit une létalité d’environ 48 %. Plus de 2 500 personnes ont été déclarées guéries, tandis que le suivi des contacts se situe autour de 87 %.
Alors que l’épidémie touche huit provinces, certaines évolutions sont jugées encourageantes. Au Sud-Kivu, aucun nouveau cas n’a notamment été rapporté depuis plusieurs mois. Trois autres provinces n’ont également pas signalé de cas au cours de la période considérée.
Face à cette situation, la riposte entend concentrer davantage ses efforts dans les cinq zones de santé qui regroupent près de 80 % des cas recensés. Parmi les zones citées figurent Madima, Katwa et Rwampara. L’objectif est d’intensifier les interventions dans ces secteurs prioritaires afin de contribuer à inverser la tendance de l’épidémie.
Une revue intra-action (RIA) est également prévue dans la province de la Tshopo. Cette évaluation à mi-parcours de la riposte contre le 17ᵉ épisode de la maladie à virus Ebola devra permettre d’identifier les principaux défis rencontrés et d’adapter, au besoin, les stratégies mises en œuvre.
Sur le front du choléra, les données présentées font ressortir une diminution des cas. Environ 2 057 cas ont été enregistrés au cours de la semaine 42, contre près de 2 300 durant la semaine précédente. Malgré cette baisse, cinq provinces endémiques de l’Est du pays concentrent encore plus de 85 % des cas rapportés à l’échelle nationale.
À Kinshasa, trois cas signalés dans la zone de santé de Kingabwa nécessitent toutefois une vigilance accrue. Les autorités sanitaires tiennent notamment compte du contexte de promiscuité et d’insalubrité pour renforcer la surveillance et les actions visant à éviter une éventuelle propagation de la maladie.
Dans le cadre de la prévention et du contrôle du choléra, une campagne de vaccination est par ailleurs annoncée pour le 3 novembre le long du corridor fluvial reliant la République démocratique du Congo à la République du Congo.
La situation de la rougeole présente également une évolution favorable. Quelque 413 cas ont été rapportés au cours de la semaine 42, soit une baisse par rapport à la semaine précédente. Le nombre enregistré reste ainsi inférieur au seuil opérationnel de 500 cas.
Cette tendance conduit les équipes à examiner les modalités d’une désactivation progressive du Système de gestion des incidents (SGI), avec un transfert des activités vers les structures sanitaires de routine. L’objectif est de maintenir la surveillance et la capacité de réponse tout en assurant la continuité des activités sanitaires.
Au terme de la réunion, les participants ont insisté sur la nécessité de maintenir une coordination multisectorielle efficace, de renforcer les interventions dans les zones où les risques restent élevés et de consolider les acquis obtenus dans la lutte contre ces différentes maladies.
Si la baisse observée pour le choléra et la rougeole constitue un signal encourageant, la situation liée à Ebola continue d’exiger des interventions soutenues et ciblées. L’INSP entend ainsi poursuivre son rôle dans la coordination stratégique, la surveillance épidémiologique et le suivi des interventions destinées à protéger les populations en République démocratique du Congo.
✍️ Guillaumette KABEMBA PUBI
