La communication communautaire et l’adhésion des populations aux mesures sanitaires restent des leviers essentiels pour contenir la propagation de la maladie à virus Ebola en province de l’Ituri, dans le nord-est de la République démocratique du Congo. C’est l’analyse faite samedi par le professeur Jean-Jacques Muyembe, lors de son intervention sur France 24.
Selon le directeur général de l’Institut national de recherche biomédicale (INRB), l’implication active des communautés locales constitue une stratégie déterminante dans la riposte contre cette épidémie.
Évoquant la souche « Bundibugyo », actuellement identifiée dans les zones de santé de Mongbwalu, Rwampara et Bunia, le scientifique congolais a insisté sur la nécessité de renforcer la sensibilisation des populations, en s’appuyant sur les expériences passées.
Il a notamment rappelé l’épidémie survenue en 2012 à Isiro, dans le Haut-Uélé, où la riposte avait reposé essentiellement sur la communication et le respect des consignes sanitaires par la population.
Le professeur Muyembe s’est montré optimiste quant à l’évolution de la situation, estimant qu’un contrôle de l’épidémie reste possible dans un délai relativement court, à condition que les populations adhèrent pleinement aux mesures de santé publique mises en place.
Par ailleurs, il a fait état de recherches en cours visant à évaluer une éventuelle protection croisée entre les vaccins développés contre la souche Ebola Zaïre et celle de Bundibugyo.
Une avancée scientifique qui pourrait accélérer considérablement la lutte contre cette résurgence.
Le co-découvreur du virus Ebola a également mis en avant l’importance du soutien des partenaires techniques et financiers, notamment l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et la Banque mondiale, dont l’appui demeure crucial pour garantir l’efficacité de la riposte.
Sur le plan opérationnel, Jean-Jacques Muyembe a reconnu que les défis logistiques persistent, tout en appelant à privilégier une approche non militarisée afin de préserver la confiance des communautés locales.
Il a rappelé qu’en 2020, lors d’une précédente flambée dans la même province, les équipes de riposte avaient opté pour une stratégie inclusive, en intégrant les populations locales dans les interventions sanitaires, ce qui avait favorisé de meilleurs résultats.
Malgré un contexte sécuritaire fragile dans certaines zones de l’Ituri, les équipes sanitaires parviennent à poursuivre leurs activités grâce à la collaboration des communautés, a-t-il souligné.
D’après le communiqué du ministère de la Santé publié le 15 mai, la situation épidémiologique fait état de 246 cas suspects recensés et de 80 décès, dont 4 cas confirmés positifs.
✍️ Guillaumette KABEMBA PUBI
