
Le gouvernement de la République démocratique du Congo a réaffirmé sa détermination à renforcer la riposte contre l’épidémie d’Ebola qui sévit dans l’Est du pays. Lors d’un briefing tenu vendredi à Bunia, chef-lieu de la province de l’Ituri, le ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, Roger Kamba, a insisté sur la nécessité de référer systématiquement les patients atteints ou suspectés d’être atteints de la maladie vers des centres de traitement spécialisés.
Face aux défis persistants de la prise en charge, le ministre a rappelé que les structures dédiées à la lutte contre Ebola disposent des équipements, du personnel qualifié et des protocoles nécessaires pour assurer un traitement adapté tout en limitant les risques de propagation du virus.
« La logique est simple : les malades d’Ebola doivent être soignés dans les centres appropriés. L’isolement, la surveillance et la prise en charge spécifique exigent des conditions particulières que seules les structures dédiées peuvent offrir », a déclaré Roger Kamba.
Selon lui, de nombreux établissements privés ne disposent pas toujours des capacités techniques et logistiques requises pour garantir une prise en charge complète des patients infectés par le virus Ebola. Il a ainsi demandé aux prestataires de santé de référer rapidement tout cas suspect vers les centres de traitement agréés afin d’éviter des retards dans la prise en charge et d’éventuelles contaminations supplémentaires.
Au cours de son intervention, le ministre de la Santé a également annoncé que le gouvernement envisage de réinstaurer la gratuité des soins de santé durant la période de l’épidémie en Ituri, une mesure qui avait déjà été appliquée lors de la précédente flambée d’Ebola entre 2019 et 2020.
Cette initiative vise à garantir l’accès aux soins pour l’ensemble de la population tout en encourageant le recours rapide aux structures sanitaires en cas de symptômes suspects.
« Pendant que nous combattons Ebola, d’autres maladies continuent de faire des victimes. Le paludisme, à lui seul, tue plus de 20 000 personnes chaque année dans notre pays », a souligné le ministre.
Il a insisté sur la nécessité de maintenir la continuité des services de santé essentiels malgré la mobilisation contre Ebola.
« Nous ne pouvons pas permettre que la riposte à Ebola perturbe la continuité des soins pour le paludisme, la tuberculose et les autres maladies », a-t-il ajouté.
Selon les autorités sanitaires, cette gratuité concernera les formations médicales identifiées par les zones de santé. Les prestataires retenus bénéficieront d’un accompagnement spécifique tout en étant tenus d’assurer la notification rapide et systématique des cas suspects.
Roger Kamba a par ailleurs lancé un appel à la vigilance à l’endroit des professionnels de santé, rappelant que les symptômes d’Ebola peuvent être confondus avec ceux d’autres maladies courantes.
« Soyez prudents. Demandez le test de dépistage dès qu’un doute existe et maintenez le patient en isolement en attendant les résultats », a-t-il recommandé.
Le ministre a insisté sur l’importance du respect strict des mesures de prévention et de contrôle des infections dans toutes les structures sanitaires afin de limiter les risques de transmission nosocomiale.
Le briefing de Bunia intervient à l’issue d’une mission d’évaluation d’urgence conduite conjointement par le ministre de la Santé, Roger Kamba, et le ministre de la Communication et Médias, porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya. Cette descente sur le terrain visait à évaluer l’évolution de l’épidémie et à identifier les défis opérationnels auxquels fait face la riposte.
Il s’agit de la troisième mission gouvernementale déployée en Ituri en l’espace d’un mois, illustrant la volonté des autorités de suivre de près la situation sanitaire et de corriger rapidement les insuffisances observées sur le terrain.
Alors que la lutte contre Ebola se poursuit en Ituri, le gouvernement mise sur le renforcement des centres spécialisés, la gratuité des soins et la vigilance accrue des professionnels de santé pour contenir l’épidémie. Les autorités appellent également la population à collaborer avec les équipes de riposte et à signaler rapidement tout symptôme suspect afin de freiner la propagation de la maladie.
✍️ Guillaumette KABEMBA PUBI