
Après cinq années d’intervention dans la zone de santé de Biyela, située dans la commune de Kimbanseke à Kinshasa, Médecins Sans Frontières (MSF) a officiellement mis fin à son projet de prise en charge du VIH et de la tuberculose. L’organisation humanitaire confie désormais la continuité des services aux autorités sanitaires de la République démocratique du Congo.
Lancé en 2021, ce projet visait à améliorer l’accès au dépistage, au traitement et au suivi des personnes vivant avec le VIH et des patients atteints de tuberculose, tout en renforçant les capacités du système de santé local.
Au terme de son intervention, MSF dresse un bilan qu’elle qualifie de positif. L’organisation indique avoir mis sous traitement 470 nouveaux patients, réalisé plus de 25 000 consultations de suivi et dépisté 42 139 personnes, parmi près de 250 000 personnes sensibilisées aux enjeux de prévention et de prise en charge.
Le projet a également permis d’accroître sensiblement le nombre de patients bénéficiant d’un suivi régulier, passé d’environ 400 en 2021 à 990 en 2026. Cette évolution est notamment attribuée au renforcement de la collaboration entre les structures communautaires, les centres de santé et les hôpitaux de la zone.
Dans le cadre de cette stratégie, MSF a privilégié la décentralisation des soins vers les structures de santé primaires afin de faciliter un diagnostic précoce et une prise en charge rapide, limitant ainsi les complications nécessitant une hospitalisation.
L’organisation souligne aussi avoir renforcé les capacités locales en formant 133 professionnels de santé et 210 acteurs communautaires, avec pour objectif d’assurer la pérennité des activités après son retrait.
En matière de prévention de la transmission du VIH de la mère à l’enfant, MSF affirme avoir soutenu la création d’un guichet unique regroupant les consultations prénatales, le dépistage et la prise en charge. Grâce à cette approche, le taux de transmission mère-enfant est descendu à moins de 4 % dans la zone de santé de Biyela, contre une moyenne nationale estimée à 17,75 % en 2025.
À l’heure de son désengagement, MSF appelle ses partenaires, notamment le Fonds mondial, à renforcer leurs investissements dans les soins de santé primaires et communautaires afin de consolider les acquis du projet.
Malgré la clôture de cette intervention à Biyela, l’organisation humanitaire poursuit ses activités à Kinshasa, notamment au Centre hospitalier de Kabinda, où elle continue de prendre en charge les cas avancés de VIH et d’apporter un appui aux structures de santé ainsi qu’aux programmes communautaires de prévention.
✍️ Guillaumette KABEMBA PUBI