
Un centre de santé destiné à la prise en charge des personnes déplacées est opérationnel depuis le jeudi 3 juillet sur le site de Kigonze, à Bunia, dans la province de l’Ituri. Cette structure sanitaire d’urgence a été mise en place afin d’assurer les soins de santé primaires et de renforcer le dépistage précoce des cas suspects de la maladie à virus Ebola au sein de ce camp qui accueille près de 17 000 personnes déplacées.
Depuis la déclaration officielle de l’épidémie d’Ebola, le 15 mai dernier, le site de Kigonze enregistre régulièrement des décès, dont certains ont été confirmés comme étant liés au virus. Rien que dans la matinée de jeudi, trois décès ont été signalés, illustrant la gravité de la situation sanitaire.
Face à cette urgence, le Gouvernement congolais, avec l’appui de ses partenaires, a procédé à l’ouverture de ce centre de santé dont les principales missions sont d’offrir gratuitement des soins de santé primaires aux déplacés, d’assurer le dépistage rapide des cas suspects d’Ebola et d’organiser le transfert sécurisé des patients vers les centres spécialisés de traitement.
Par ailleurs, un centre de transit destiné aux personnes atteintes de la maladie est en cours de construction afin de renforcer davantage le dispositif de riposte.
Les responsables du site de Kigonze saluent l’ouverture de cette structure, estimant qu’elle permettra de réduire la mortalité et de limiter la propagation du virus au sein de la communauté.
Selon l’un des gestionnaires du site, l’absence d’un centre de santé obligeait auparavant les malades à parcourir de longues distances pour accéder aux soins, alors que les établissements sanitaires de Bunia sont déjà fortement sollicités.
« Nous étions très préoccupés par la nécessité d’installer un centre de santé sur le site afin de permettre aux déplacés d’être pris en charge rapidement. Les autres structures sanitaires étaient saturées et certains malades tardaient à recevoir des soins. Désormais, toute personne malade peut être soignée rapidement sur place », a-t-il expliqué.
Malgré cette avancée à Kigonze, plusieurs sites de déplacés de la périphérie de Bunia restent confrontés à d’importantes difficultés. C’est notamment le cas du site de l’Institut supérieur pédagogique (ISP), qui accueille environ 13 000 déplacés.
Les acteurs humanitaires y dénoncent l’insuffisance des dispositifs de prévention, du contrôle sanitaire ainsi que des mesures d’hygiène indispensables pour prévenir la propagation de la maladie à virus Ebola.
Alors que la riposte se poursuit en Ituri, les autorités sanitaires et leurs partenaires sont appelés à renforcer les capacités des autres camps afin de garantir un accès équitable aux soins et de mieux protéger les populations déplacées contre cette épidémie.
✍️ Guillaumette KABEMBA PUBI