
Au moins vingt personnes ont perdu la vie et plus d’une centaine sont portées disparues à la suite du naufrage d’une baleinière survenu à la jonction des rivières Kasaï et Sankuru, dans le territoire d’Ilebo, province du Kasaï. Ce bilan, encore provisoire, a été communiqué vendredi 3 juillet par les autorités locales.
Selon les premières informations recueillies sur place, la surcharge de l’embarcation serait à l’origine de ce drame, qui s’est produit dans la nuit de mercredi à jeudi.
L’administrateur du territoire d’Ilebo, François Kabula, a indiqué que 80 personnes ont été secourues, tandis que 20 corps sans vie ont été repêchés. Il a précisé que la baleinière transportait plus de 200 passagers au moment du naufrage.
Les rescapés doivent leur survie à l’intervention rapide de pêcheurs locaux qui naviguaient à proximité du lieu de l’accident et qui ont participé aux opérations de sauvetage.
La baleinière assurait la liaison commerciale entre le port Kalina, à Ilebo, et la province du Sankuru. À son bord se trouvaient de nombreux commerçants, voyageurs ainsi que des élèves rentrant chez eux après les épreuves de l’Examen d’État.
D’après les autorités locales, l’embarcation aurait quitté clandestinement le port vers 22 heures afin d’éviter les contrôles de sécurité qui auraient révélé la surcharge. Arrivée à la jonction des rivières Kasaï et Sankuru, la baleinière n’a pas résisté au poids des passagers et des marchandises. Elle se serait brisée avant de sombrer.
La société civile dénonce la négligence des transporteurs
Ce nouveau drame relance le débat sur la sécurité de la navigation fluviale en République démocratique du Congo. La société civile d’Ilebo accuse les armateurs de privilégier les profits au détriment de la sécurité des voyageurs.
Son président, François Malepo, dénonce l’absence de mesures de sécurité à bord des embarcations.
« Les armateurs ne cherchent que l’argent. Ils se moquent des vies humaines. Ils embarquent trop de personnes et de marchandises, sans aucun gilet de sauvetage », a-t-il déclaré.
La société civile appelle les autorités à renforcer les contrôles techniques des embarcations, à sanctionner les responsables des surcharges et à rendre obligatoire le port du gilet de sauvetage pour tous les passagers.
Pendant ce temps, les opérations de recherche se poursuivent sur les lieux du sinistre afin de retrouver les nombreuses personnes toujours portées disparues. Les autorités redoutent que le bilan humain ne s’alourdisse dans les prochaines heures.
✍️ Guillaumette KABEMBA PUBI