Le directeur général de l’Institut national de santé publique (INSP) de la République démocratique du Congo, Dieudonné Kazadi Mwamba, a soutenu sa thèse de doctorat en santé publique, option santé mondiale, le jeudi 15 octobre 2026, à l’Université de Montréal, au Canada. Sa recherche porte sur le rôle de l’engagement communautaire et de la prise en compte de la détresse psychologique dans l’amélioration de la gestion des épidémies de la maladie à virus Ebola.
Une nouvelle étape dans le parcours académique du directeur général de l’Institut national de santé publique de la RDC. Dieudonné Kazadi Mwamba a présenté sa thèse de doctorat à l’École de santé publique de l’Université de Montréal, au Canada, lors d’une soutenance organisée en ligne le 15 octobre 2026.
Intitulée « Améliorer la gestion des épidémies de la maladie à virus Ébola à travers l’engagement communautaire et la prise en compte de la détresse psychologique dans une approche “Une seule santé” en République démocratique du Congo », cette recherche examine les facteurs susceptibles d’améliorer la réponse aux épidémies dans le pays.
Les travaux s’intéressent notamment aux difficultés rencontrées par les populations touchées par Ebola et à leur influence sur les interventions sanitaires. La peur, la stigmatisation et la détresse psychologique figurent parmi les obstacles identifiés à la participation des communautés aux stratégies de riposte.
Pour mener cette étude, le chercheur a adopté une approche qualitative reposant sur des études de cas dans trois provinces : Kinshasa, le Kasaï et le Nord-Kivu. Ces espaces ont été retenus pour tenir compte de contextes institutionnels, culturels et sécuritaires différents.
La collecte des données a mobilisé 83 entretiens individuels, cinq groupes de discussion réunissant 40 participants ainsi qu’une observation non participante. L’étude comprend également une analyse comparative de douze rapports consacrés à la gestion des épidémies entre 2007 et 2025.
Cette démarche vise à mieux comprendre les relations entre les institutions sanitaires, les communautés et les autres secteurs concernés par la prévention et la gestion des épidémies.
La recherche souligne également l’importance de l’approche « Une seule santé », qui favorise une collaboration entre les secteurs de la santé humaine, de la santé animale et de l’environnement.
L’analyse des épidémies survenues entre 2007 et 2022 fait ressortir une progression de l’engagement communautaire, associée à une amélioration de l’efficacité de la riposte. L’expérience de la seizième épidémie à Bulape, en 2025, est également examinée pour illustrer l’intérêt de stratégies participatives adaptées aux réalités culturelles locales.
Les conclusions de l’étude plaident pour une meilleure intégration de la participation communautaire, du soutien psychosocial et de la coordination entre les secteurs dans les stratégies de lutte contre Ebola.
Dans un pays régulièrement confronté à des urgences sanitaires, ces travaux mettent en lumière l’importance de ne pas limiter la réponse aux épidémies aux seules interventions biomédicales.
La confiance des populations, la prise en compte de leur vécu psychologique et la collaboration entre les différents acteurs constituent également des dimensions essentielles pour améliorer la prévention et la gestion des flambées épidémiques.
Cette recherche apporte ainsi des éléments de réflexion pour renforcer les stratégies de santé publique en République démocratique du Congo et mieux adapter les interventions aux réalités des communautés touchées.
La soutenance de Dieudonné Kazadi Mwamba à l’Université de Montréal marque une étape académique importante pour le responsable de l’INSP, dont les travaux portent sur un enjeu majeur pour le système de santé congolais : l’amélioration durable de la riposte contre Ebola.
✍️ Guillaumette KABEMBA PUBI
