• Home  
  • RDC : Et si deux minutes suffisaient pour retrouver du sang et sauver une vie ?
- Santé

RDC : Et si deux minutes suffisaient pour retrouver du sang et sauver une vie ?

Spread the love

Spread the loveFace aux difficultés d’accès aux produits sanguins en République démocratique du Congo, E-Blood Bank Makila mise sur le numérique et une technologie de conservation pour faciliter la recherche de sang, réduire les déplacements des familles et améliorer le transport des produits de santé. Une innovation congolaise qui entend apporter une réponse concrète à […]

Spread the love

Face aux difficultés d’accès aux produits sanguins en République démocratique du Congo, E-Blood Bank Makila mise sur le numérique et une technologie de conservation pour faciliter la recherche de sang, réduire les déplacements des familles et améliorer le transport des produits de santé. Une innovation congolaise qui entend apporter une réponse concrète à une urgence de santé publique.

Dans un entretien exclusif accordé à Eco-Vie.cd, Mike Nlemvo Luntadila, fondateur et CEO d’E-Blood Bank Makila, présente les solutions développées par son entreprise pour faciliter l’accès aux produits sanguins en République démocratique du Congo. Son approche repose sur la mise en relation numérique des structures sanitaires, la localisation des disponibilités signalées et le transport des produits dans des conditions adaptées à leur conservation.

Derrière cette initiative, un enjeu essentiel : permettre aux familles et aux professionnels de santé de gagner un temps précieux lorsqu’un patient a besoin de sang.

En RDC, la recherche d’une poche de sang peut rapidement devenir une course contre la montre pour les familles confrontées à une urgence médicale. Entre les déplacements d’un établissement de santé à un autre, les appels téléphoniques et les incertitudes sur les disponibilités, le temps consacré à trouver le produit recherché peut compliquer davantage une situation déjà difficile.

E-Blood Bank Makila entend contribuer à réduire ces difficultés grâce à un dispositif numérique accessible notamment par application mobile, plateforme web et service USSD.

La solution permet d’effectuer une recherche en tenant compte de plusieurs critères, notamment le groupe sanguin, le Rhésus, la localisation et les disponibilités signalées par les structures connectées. Selon les données présentées par l’entreprise, cette démarche pourrait ramener le temps nécessaire pour identifier les structures susceptibles de disposer du sang recherché d’environ trois heures à près de deux minutes.

« Notre objectif est de faciliter la recherche de sang et de permettre aux familles de gagner un temps précieux lorsqu’une urgence survient », explique le responsable de l’entreprise.

Le dispositif permettrait également de cibler les structures sanitaires situées dans un rayon d’environ 16 kilomètres, avec, par exemple, la possibilité de rechercher des disponibilités entre N’djili et Ngaliema, à Kinshasa.

Pour les familles, l’intérêt est concret : mieux savoir où s’orienter avant d’entreprendre des déplacements parfois longs, coûteux et éprouvants.

Il convient toutefois de préciser que les deux minutes annoncées concernent l’orientation de la recherche. Elles ne constituent pas une garantie de disponibilité immédiate du sang, ni un délai permettant de réaliser une transfusion en deux minutes. La disponibilité effective du produit et les vérifications médicales nécessaires restent indispensables.

L’accès rapide au sang constitue un enjeu majeur dans plusieurs situations médicales. Les femmes enceintes confrontées à des hémorragies, les enfants souffrant d’anémie sévère, les victimes d’accidents ainsi que les patients nécessitant une intervention chirurgicale peuvent avoir besoin de produits sanguins dans des délais parfois très courts.

Dans ces circonstances, mieux orienter les recherches peut aider les familles et les équipes soignantes à limiter les démarches inutiles et à se concentrer davantage sur la prise en charge du patient.

« Lorsqu’un patient a besoin de sang, il est essentiel de pouvoir identifier rapidement les structures susceptibles d’en disposer, plutôt que de multiplier les déplacements sans savoir où se rendre », souligne le fondateur d’E-Blood Bank Makila.

L’impact recherché dépasse donc la seule utilisation d’un outil numérique. Il concerne aussi l’expérience des familles, souvent confrontées à l’inquiétude, à l’urgence et aux dépenses liées aux déplacements entre plusieurs établissements.

« Derrière la recherche d’une poche de sang, il y a un patient qui attend des soins et une famille qui traverse souvent un moment d’angoisse. Faciliter cette recherche, c’est aussi aider ces familles à mieux s’orienter », fait valoir Mike Nlemvo Luntadila.

L’efficacité de cette approche dépend néanmoins de l’actualisation des informations communiquées par les structures sanitaires, de la disponibilité réelle des produits et de la coordination entre les différents acteurs de la chaîne transfusionnelle.

Retrouver une structure susceptible de disposer du sang recherché représente une première étape. Encore faut-il que le produit puisse être transporté dans des conditions adaptées.

Sur ce volet, E-Blood Bank Makila met en avant l’E-BloodBox, une glacière biomédicale présentée comme conçue et fabriquée localement. Selon la configuration utilisée, cet équipement intègre notamment un système de réfrigération autonome, une batterie, des capteurs de température, un GPS et des fonctionnalités de connectivité permettant le suivi à distance.

L’entreprise annonce une plage de conservation comprise entre 2 et 8 °C et une autonomie pouvant dépasser douze heures dans certaines conditions d’utilisation.

Ces caractéristiques visent à améliorer la surveillance des conditions de transport des produits de santé et à réduire les risques liés à une mauvaise conservation.

« Il ne suffit pas de localiser un produit de santé : il faut également veiller à ce que son transport respecte les conditions nécessaires à sa conservation », explique le dirigeant.

Pour assurer les livraisons, l’entreprise évoque notamment le recours aux motos et, lorsque les autorisations et les conditions opérationnelles le permettent, aux drones.

Cette approche pourrait contribuer à faciliter l’acheminement des produits de santé, notamment lorsque les distances, les embouteillages ou l’état des routes compliquent les déplacements. Toutefois, la sécurité du transport du sang exige des protocoles adaptés, une surveillance rigoureuse de la température et le respect des normes applicables.

E-Blood Bank Makila indique avoir déjà connecté plus de 450 structures sanitaires sur un potentiel de plus de 22 000 établissements à l’échelle nationale.

L’entreprise fait également état de plus de 12 600 opérations de livraison, de transport ou de logistique, ainsi que de 377 donneurs mobilisés ou enregistrés. Elle affirme avoir créé neuf emplois et signé un contrat avec le Centre national de transfusion sanguine (CNTS).

Son ambition est d’étendre progressivement son réseau pour atteindre 1 000 structures sanitaires d’ici 2027.

Ces chiffres, communiqués par l’entreprise, donnent une indication de l’étendue qu’elle souhaite donner à son dispositif.

« Nous voulons étendre progressivement notre réseau afin de faciliter les échanges d’informations entre les structures sanitaires et de rapprocher nos solutions des besoins de la population », affirme Mike Nlemvo Luntadila.

À travers cette expansion, E-Blood Bank Makila entend contribuer à une meilleure circulation de l’information entre les établissements et à une coordination plus efficace de la recherche et du transport des produits sanguins.

L’entreprise estime que les besoins en transfusions sanguines en RDC atteignent environ 1,7 million de transfusions par an et évoque près de 20 000 décès annuels liés aux difficultés d’accès au sang.

Ces estimations, avancées par E-Blood Bank Makila, illustrent l’importance de la question de l’accès aux produits sanguins et la nécessité de renforcer les mécanismes de disponibilité, de distribution et de don.

Car, aussi performantes soient-elles, les plateformes numériques et les solutions logistiques ne peuvent créer du sang là où les réserves sont insuffisantes. La disponibilité des produits sanguins dépend aussi de la mobilisation des donneurs volontaires, de l’organisation des services de transfusion et de la capacité des structures habilitées à assurer la collecte, les analyses, la conservation et la distribution dans des conditions sûres.

« La technologie peut faciliter la recherche et le transport du sang, mais elle ne remplace pas les donneurs. La mobilisation de la population reste indispensable pour répondre aux besoins des patients », rappelle le responsable.

Les entreprises, les universités, les églises, les associations et les institutions publiques peuvent ainsi jouer un rôle important dans la sensibilisation au don volontaire de sang, en collaboration avec les structures habilitées.

L’initiative d’E-Blood Bank Makila met en lumière le rôle que peuvent jouer les innovations locales dans la recherche de réponses aux difficultés rencontrées par les populations dans l’accès aux soins.

En combinant outils numériques, mise en relation des structures sanitaires et solutions de transport, l’entreprise entend réduire les obstacles rencontrés par les familles lorsqu’un besoin de sang se présente.

L’enjeu reste toutefois de consolider le réseau, de garantir la fiabilité des informations, de respecter les exigences de sécurité transfusionnelle et de mesurer concrètement les effets de ces solutions sur la prise en charge des patients.

« Nous voulons contribuer à apporter une réponse concrète aux difficultés d’accès aux produits sanguins, en mettant la technologie au service des patients et des professionnels de santé », déclare Mike Nlemvo Luntadila.

Son ambition, résume-t-il, est de faire en sorte qu’aucune famille ne perde un temps précieux à chercher du sang faute d’information ou de coordination.

Pour les populations, le véritable bénéfice de cette innovation se mesurera à sa capacité à faciliter effectivement l’accès aux produits sanguins, à améliorer la coordination entre les structures sanitaires et à contribuer à une prise en charge plus rapide et plus sûre des patients.

✍️ Guillaumette KABEMBA PUBI

Leave a comment

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

About Us

Lorem ipsum dol consectetur adipiscing neque any adipiscing the ni consectetur the a any adipiscing.

Email Us: infouemail@gmail.com

Contact: +5-784-8894-678

Empath  @2024. All Rights Reserved.