
La prise en charge des malades d’Ebola est perturbée dans deux Centres de traitement Ebola (CTE) en Ituri. À Nizi, dans le territoire de Djugu, et à Kasenyi, sur les rives du lac Albert, des prestataires de santé ont suspendu leurs activités pour réclamer le paiement de plusieurs mois d’arriérés de primes.
La situation intervient alors que les équipes de riposte s’emploient à renforcer la prise en charge des patients et à rapprocher les soins des communautés dans l’Ituri, principale province affectée par l’épidémie. Selon le ministre de la Santé, 80 % des cas d’Ebola sont enregistrés dans cette province, considérée comme l’épicentre de l’épidémie en RDC.
À Kasenyi, localité située à une cinquantaine de kilomètres de Bunia, le Centre de traitement Ebola, inauguré récemment avec l’appui du gouvernement ougandais, fonctionne désormais au ralenti.
Les prestataires de santé congolais affectés à cette structure ont cessé de se présenter à leur poste, réclamant le paiement de plusieurs mois d’arriérés de primes.
« Ça fait 48 heures que le personnel affecté par le gouvernement ne se présente pas au centre de traitement de Kasenyi. C’est une désolation et une déception », déplore Wilson Nduru, notable de Kasenyi.
Cette situation suscite des inquiétudes dans une zone où la continuité des soins constitue un enjeu majeur face à la propagation du virus Ebola.
À Nizi, dans le territoire de Djugu, la situation est similaire. Une partie du personnel du Centre de traitement Ebola a suspendu ses activités depuis jeudi matin pour réclamer, elle aussi, le paiement de plusieurs mois d’arriérés de primes.
La suspension des activités fait craindre une perturbation de la prise en charge des patients dans cette zone qui a déjà enregistré plusieurs cas d’Ebola.
Pour les acteurs de la société civile, cette situation risque de fragiliser davantage la riposte contre l’épidémie et de ralentir l’accès aux soins pour les patients.
Le coordonnateur de la société civile de l’Ituri, Dieudonné Lossa, appelle le gouvernement à prendre ses responsabilités.
« La riposte, telle qu’elle est organisée, ne rassure toujours pas. Il y a aussi grève aujourd’hui à Nizi. Je rejette la responsabilité à l’État », affirme-t-il.
Les prestataires concernés demandent aux autorités de respecter leurs engagements et de régulariser leurs arriérés de primes afin de permettre la reprise des activités dans les deux centres de traitement.
Cette revendication intervient dans un contexte particulièrement sensible, alors que les équipes sanitaires doivent assurer une prise en charge rapide des personnes infectées, renforcer la surveillance et maintenir la confiance des communautés.
Une interruption prolongée des activités dans les CTE pourrait compliquer davantage la réponse sanitaire, notamment dans les zones où l’accès aux soins reste difficile.
Au moment de la rédaction de cet article, la coordination provinciale de la riposte contre Ebola en Ituri n’avait pas encore officiellement réagi à ces revendications.
La priorité reste désormais la recherche d’une solution rapide permettant la reprise des activités et la continuité de la prise en charge des malades dans ces deux centres.
✍️ Guillaumette KABEMBA PUBI