
Le président de la République, Félix Tshisekedi, a appelé le gouvernement à renforcer la coordination de l’aide au développement et la gestion des ressources extérieures mobilisées en faveur de la République démocratique du Congo.
Cette orientation a été exprimée lors de la dernière réunion du Conseil des ministres, dans un contexte marqué par la volonté des autorités de mieux aligner les financements internationaux sur les priorités nationales.
Selon le chef de l’État, près de 60 milliards de dollars américains ont été mobilisés entre 2003 et 2022 au titre de l’aide au développement, de l’assistance humanitaire et de la coopération internationale. Bien que ces ressources aient contribué au financement de plusieurs programmes dans des secteurs clés, leur impact sur l’amélioration des conditions de vie des populations et sur la transformation structurelle du pays mérite, selon lui, une évaluation approfondie.
Félix Tshisekedi estime que la RDC doit exercer un leadership plus affirmé dans la définition de ses priorités de développement et dans la coordination des interventions des partenaires techniques et financiers. Il a relevé que les acteurs de la coopération internationale traitent actuellement avec plusieurs centres institutionnels de décision, une situation qui, selon lui, fragilise la cohérence de l’action publique et complique la mise en œuvre d’une vision commune du développement.
Pour répondre à ce défi, le gouvernement a élaboré un projet de décret portant création du Cadre de Coordination et d’Orientation de l’Aide au Développement. Placé sous l’autorité de la Première ministre, ce mécanisme vise à améliorer la gouvernance des ressources extérieures, à renforcer leur traçabilité et à garantir une meilleure adéquation entre les interventions des partenaires et les priorités définies par l’État congolais.
Le président de la République a toutefois constaté que certaines divergences subsistent encore quant à la finalisation du texte. Il a insisté sur le fait que cette réforme ne vise pas à créer une nouvelle structure administrative, mais plutôt à mettre en place un dispositif efficace de pilotage et de suivi de l’aide internationale.
Dans un contexte où la RDC fait face à d’importants défis liés à la transformation économique, à la modernisation des infrastructures et à la consolidation de la paix, Félix Tshisekedi a jugé indispensable de mettre fin à la gestion fragmentée des financements extérieurs. Il a chargé la Première ministre d’évaluer l’état d’avancement du dossier ainsi que les obstacles à sa mise en œuvre, et de lui soumettre un rapport dans un délai de quinze jours.
« La souveraineté de notre pays s’exprime également à travers sa capacité à orienter les ressources extérieures vers ses propres priorités et à assurer pleinement le leadership de son agenda de développement », a déclaré le chef de l’État.
Cette réforme s’inscrit dans la volonté des autorités congolaises de renforcer l’efficacité de l’aide internationale, d’améliorer la redevabilité dans la gestion des ressources extérieures et de faire des financements internationaux un levier plus performant au service du développement durable du pays.
✍️ Guillaumette KABEMBA PUBI