
La République démocratique du Congo (RDC) a franchi une étape majeure dans la lutte contre la tuberculose avec le lancement de la production locale de médicaments antituberculeux par le laboratoire PHATKIN. Cette initiative vise à garantir un approvisionnement régulier en traitements essentiels et à réduire la dépendance du pays aux importations pharmaceutiques.
Placée sous le contrôle de l’Autorité congolaise de réglementation pharmaceutique et conforme aux normes de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), cette production locale constitue une avancée significative pour le système de santé congolais.
Selon les autorités sanitaires, la fabrication des médicaments sur le territoire national permettra de limiter les risques de rupture de stock, de renforcer le contrôle de la qualité des produits et de réduire les délais d’accès aux traitements pour les patients atteints de tuberculose.
Dans un contexte marqué par des difficultés récurrentes d’approvisionnement sur le marché international, cette initiative apporte une réponse concrète aux défis liés à la disponibilité et à la fiabilité des médicaments essentiels.
Une avancée pour la souveraineté pharmaceutique
La première phase de production marque un tournant opérationnel important. Le premier lot de médicaments fabriqués par le laboratoire PHATKIN permettra d’assurer la prise en charge d’environ 47 000 patients atteints de tuberculose à travers le pays.
Cette capacité de production renforce la continuité des soins et contribue à améliorer la sécurité thérapeutique des malades, alors que la tuberculose demeure l’une des principales maladies infectieuses en RDC.
« Lorsque le directeur du Programme national de lutte contre la tuberculose (PNLT) m’a informé des difficultés d’approvisionnement au niveau international, j’ai demandé si PHATKIN pouvait relever le défi. Aujourd’hui, c’est chose faite », a déclaré le ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale.
Pour les autorités, cette réalisation démontre le potentiel de l’industrie pharmaceutique congolaise à répondre aux besoins sanitaires du pays tout en réduisant sa dépendance vis-à-vis des marchés extérieurs.
Un pilier de la stratégie sanitaire nationale
La production locale de médicaments antituberculeux s’inscrit dans la stratégie sanitaire nationale 2024-2033, qui ambitionne de promouvoir le développement des industries de santé en RDC.
Cette politique prévoit notamment le renforcement de la fabrication locale de médicaments essentiels, de consommables médicaux et d’équipements sanitaires afin de garantir une meilleure résilience du système de santé face aux crises d’approvisionnement.
Au-delà de la lutte contre la tuberculose, cette initiative ouvre la voie à une plus grande souveraineté pharmaceutique et pourrait contribuer à améliorer durablement l’accès aux soins pour des millions de Congolais.
✍️ Guillaumette KABEMBA PUBI