
Rejeté par sa famille après le décès de sa mère, Aristote Kabongo vit dans les rues de Kinshasa depuis l’âge de 7 ans. Aujourd’hui âgé de 10 ans, il survit grâce à la vente ambulante de papiers mouchoirs, de bonbons et de chewing-gums aux abords du marché UPN. Malgré les épreuves, il garde un rêve : retourner à l’école et devenir médecin.
Alors que des milliers d’enfants de son âge sont censés fréquenter l’école primaire, Aristote Kabongo passe ses journées à vendre des papiers mouchoirs, des bonbons et des chewing-gums aux abords des arrêts de bus du marché UPN, dans la commune de Ngaliema à Kinshasa.
Âgé de seulement 10 ans, ce jeune vendeur ambulant fait partie de ces nombreux enfants que la rue a privés de leur enfance. Derrière son sourire timide et son petit commerce se cache une histoire marquée par l’abandon, la pauvreté et l’exclusion.
Interrogé par eco-vie.cd, Aristote raconte avoir trouvé refuge dans la rue depuis l’âge de sept ans, après le décès de sa mère.
« Je n’ai pas connu mon père. Ma mère est décédée et sa famille m’a traité de sorcier avant de me chasser de la maison », confie-t-il d’une voix hésitante.
Livré à lui-même, le jeune garçon a dû apprendre très tôt à survivre dans les rues de Kinshasa. Pendant plusieurs mois, il a vécu de mendicité, dépendant de la générosité des passants pour trouver de quoi manger.
« Avant, je mendiais dans la rue. Quand j’ai eu un peu d’argent grâce à des personnes de bonne foi, j’ai acheté un paquet de papiers mouchoirs pour commencer à vendre. Aujourd’hui, j’ai pu ajouter des bonbons et des chewing-gums », explique-t-il avec une certaine fierté.
Chaque matin, Aristote sillonne les environs du marché UPN, proposant sa marchandise aux voyageurs et aux passants. Les quelques francs congolais qu’il gagne quotidiennement lui permettent de se nourrir et de faire face aux besoins les plus élémentaires.
Mais derrière ses activités commerciales se cache un rêve que la rue n’a pas réussi à effacer.
« J’aime étudier. Je voulais devenir médecin, mais hélas… », lâche-t-il en baissant les yeux.
Comme Aristote, de nombreux enfants se retrouvent dans les circuits du commerce informel à un âge où ils devraient apprendre à lire, à écrire et à construire leur avenir sur les bancs de l’école. Pour plusieurs organisations de défense des droits de l’enfant, cette situation constitue une forme d’exploitation économique qui compromet gravement le développement des mineurs.
L’histoire d’Aristote met en lumière les conséquences de la stigmatisation des enfants accusés de sorcellerie, un phénomène qui continue de pousser de nombreux mineurs dans les rues de la capitale congolaise.
Privé de cadre familial et d’accès à l’éducation, le jeune garçon continue néanmoins d’espérer une seconde chance.
« Si quelqu’un peut m’aider à retourner à l’école, je serai très content », plaide-t-il.
À travers son regard se lit le destin de milliers d’enfants congolais confrontés à la précarité, mais aussi une volonté de s’en sortir malgré les difficultés. Derrière chaque petit vendeur ambulant se cache souvent une histoire douloureuse et un rêve qui ne demande qu’à renaître.
Par-delà son commerce de fortune, Aristote reste avant tout un enfant qui aspire à retrouver le chemin de l’école et à construire l’avenir auquel il croit encore.
✍️ Guillaumette KABEMBA PUBI