
La protection de la biodiversité du parc national de l’Upemba revient au centre des préoccupations. Vingt-quatre organisations de la société civile et associations environnementales sollicitent une mission d’enquête pour évaluer les effets éventuels des activités minières sur cet écosystème situé entre le Haut-Katanga, le Lualaba et le Haut-Lomami.
Dans une correspondance adressée au président de la République et parvenue jeudi 1er octobre à eco-vie.cd, la coalition attire l’attention des autorités sur ce qu’elle présente comme une progression des activités d’exploration et d’exploitation minières à l’intérieur du parc et dans certaines zones périphériques.
L’alerte porte principalement sur la préservation des habitats naturels et des espèces qui font la richesse écologique de cette aire protégée. Les organisations citent notamment les zèbres, les éléphants de savane et les buffles, ainsi que plusieurs espèces d’oiseaux, dont la grue caronculée et la grue couronnée. Elles évoquent également les espèces aquatiques présentes dans le parc.
Pour les organisations signataires, la coexistence entre conservation de la nature et activités extractives nécessite un suivi rigoureux afin d’éviter une dégradation des écosystèmes.
Elles citent notamment le secteur de Bena Mulumbu, situé dans la zone intégrale du parc, où elles signalent la présence d’engins lourds, d’infrastructures minières, de travailleurs et des opérations de prospection.
La coalition évoque également le secteur de Kipafu, dans le domaine de chasse de Lubudi-Sampwe, particulièrement autour de Kyubo, où des activités extractives seraient observées.
Plutôt que de tirer des conclusions définitives sur l’impact de ces activités, les organisations demandent l’envoi d’une mission sur le terrain. Celle-ci devrait, selon elles, permettre d’établir la situation réelle, d’évaluer les éventuelles incidences environnementales et de proposer des mesures adaptées.
Le chargé de communication du parc rappelle, pour sa part, que des mécanismes de protection et de gestion sont déjà prévus.
Il cite notamment le Plan d’aménagement et de gestion (PAG), élaboré avec l’appui des autorités compétentes, comme un outil destiné à encadrer la conservation et la gestion du parc national de l’Upemba.
L’appel des organisations remet ainsi au premier plan une question essentielle : comment garantir la protection durable des écosystèmes et de la faune de l’Upemba dans un contexte marqué par la présence d’activités liées aux ressources naturelles ?
Une évaluation documentée de la situation sur le terrain permettrait de disposer d’éléments précis sur l’état des écosystèmes et sur les éventuels impacts des activités minières.
✍️ Guillaumette KABEMBA PUBI