
Des insuffisances dans l’application des mesures barrières contre la maladie à virus Ebola ont été dénoncées à Eringeti et Kasana, deux localités du territoire de Beni au Nord-Kivu, situées à proximité de l’Ituri, épicentre de la 17ᵉ épidémie d’Ebola de souche Bundibugyo en République démocratique du Congo.
L’alerte a été lancée lundi par Rachid Paluku, président du Parlement des jeunes d’Eringeti et de Kasana. Selon lui, plusieurs barrières sanitaires installées dans ces zones stratégiques manquent d’équipements essentiels pour prévenir la propagation du virus.
« Je viens de faire le tour au niveau des trois barrières. À Luna, les agents ont été mobilisés pour acheter des lavabos mais ils n’ont pas assez d’intrants tels que les désinfectants. Il y a aussi les thermo flashes qui font défaut. Les quelques stocks de cache-nez observés à Luna sont destinés au commerce », a-t-il déclaré.
Pour cet acteur de la société civile, ces carences démontrent la fragilité des dispositifs de prévention dans ces localités considérées comme des principales portes d’entrée du Nord-Kivu au départ de Bunia, en Ituri.
« À Kasana, barrière située à la sortie sud de la bourgade d’Eringeti, il y a également un lavabo sans désinfectant ni savon, même de thermo flash. La même situation est observée au niveau du poste d’entrée de la route Bunia-Kainama-Eringeti où il n’y a même pas de lavabo », a-t-il ajouté.
Les professionnels de santé rappellent pourtant que le respect des mesures barrières reste indispensable pour limiter la propagation de la maladie à virus Ebola. Le lavage régulier des mains au savon ou avec une solution chlorée, le contrôle de la température corporelle, le port du masque dans les zones à risque ainsi que l’évitement des contacts avec les personnes suspectées d’être infectées figurent parmi les gestes essentiels de prévention.
Dans des zones de transit très fréquentées comme Eringeti et Kasana, situées sur l’axe reliant l’Ituri au Nord-Kivu, l’absence de dispositifs adéquats pourrait accroître les risques de transmission du virus et compromettre les efforts de riposte en cours.
Cette dénonciation intervient alors que les autorités sanitaires congolaises poursuivent les opérations de surveillance épidémiologique, de sensibilisation communautaire et de prise en charge des cas dans les provinces touchées par cette nouvelle flambée d’Ebola.
Les acteurs communautaires appellent ainsi à un renforcement urgent des moyens de prévention dans les points de contrôle afin de protéger les populations locales et les voyageurs.
✍️ Guillaumette KABEMBA PUBI