
À 26 ans, Faveur Kalonji, une jeune Congolaise, vit avec le vitiligo. À travers son témoignage, elle lance un appel à la tolérance et à une meilleure compréhension de cette maladie de la peau qui continue d’alimenter de nombreux préjugés.
« Les regards ont commencé à changer avant même que je comprenne ce qui m’arrivait », raconte Faveur Kalonji. « Au début, j’ai remarqué une petite tache blanche sur ma main. Je pensais que cela allait disparaître. Mais avec le temps, d’autres taches sont apparues sur différentes parties de mon corps. » se confie -t-elle à eco-vie.cdAprès plusieurs consultations médicales, le diagnostic tombe : vitiligo.
Le vitiligo est une maladie chronique de la peau qui provoque une perte de pigmentation. Elle survient lorsque les mélanocytes, les cellules responsables de la coloration de la peau, cessent de fonctionner ou disparaissent. Cette affection n’est ni contagieuse, ni douloureuse, ni dangereuse pour les personnes qui entourent les malades. Pourtant, ce ne sont pas les symptômes physiques qui ont le plus marqué la jeune femme.
« Le plus difficile n’a jamais été la maladie elle-même, mais le regard des autres. Certaines personnes évitaient de me toucher. D’autres me posaient des questions blessantes ou faisaient des commentaires désobligeants. J’ai même entendu des personnes affirmer que c’était une malédiction ou une maladie contagieuse », confie-t-elle.
Face à ces réactions, Faveur reconnaît avoir traversé des périodes de doute et de baisse de confiance en elle. « Pendant longtemps, je cherchais à cacher les taches. Je portais des vêtements qui couvraient le plus possible ma peau. Je craignais les remarques et les jugements. Mais avec le temps, j’ai compris que je ne devais pas avoir honte de ce que je suis».
Aujourd’hui, la jeune Congolaise a décidé de transformer son expérience en message de sensibilisation. « Je veux que les gens comprennent que le vitiligo n’est pas contagieux. Une personne atteinte de vitiligo peut étudier, travailler, aimer, fonder une famille et réaliser ses rêves comme tout le monde. Nous avons besoin de respect, pas de pitié».
Selon les spécialistes, le vitiligo touche des millions de personnes à travers le monde, sans distinction d’origine, de sexe ou de condition sociale. Bien que plusieurs traitements permettent de ralentir son évolution ou de favoriser une repigmentation partielle, il n’existe pas encore de guérison définitive.Pour Faveur Kalonji, la véritable guérison passe aussi par un changement de mentalité.
« J’aimerais que chaque personne atteinte de vitiligo puisse marcher dans la rue sans être dévisagée, aller à l’école sans être moquée et travailler sans être discriminée. Notre différence ne doit jamais devenir un motif d’exclusion». À travers son témoignage, Faveur espère encourager d’autres personnes vivant avec cette maladie à s’accepter et à s’affirmer.
« Le vitiligo fait partie de mon histoire, mais il ne définit pas mon identité. Je reste avant tout une femme, une Congolaise et une personne capable de contribuer à la société. »Son message est simple mais puissant : derrière chaque tache blanche se trouve une personne qui mérite d’être regardée avec dignité, respect et humanité.
✍️ Guillaumette KABEMBA PUBI