
La résurgence de la maladie à virus Ebola dans la province du Nord-Kivu perturbe gravement la mise en œuvre du projet d’appui au secteur agricole (Pasa-NK), en raison notamment des restrictions de déplacements imposées dans les zones affectées.
Selon le coordonnateur intérimaire du projet, Romain Kyalire, la situation sanitaire actuelle constitue un obstacle majeur au bon déroulement des activités, déjà fragilisées par l’insécurité persistante dans la région.
« Ebola est devenu un véritable problème dans notre zone d’intervention. Les restrictions de voyages empêchent la tenue normale des missions. Plusieurs activités prévues sur le terrain sont désormais organisées en ligne, faute de mobilité des experts et des équipes », a-t-il expliqué lundi lors d’un atelier tenu à Beni.
Cette paralysie touche aussi bien les missions internes que la coopération internationale. Les consultants, censés appuyer le projet sur le terrain, ne peuvent plus se rendre dans la zone, tandis que les responsables locaux sont également empêchés de participer à des rencontres stratégiques à l’extérieur.
« Nous avons été invités à plusieurs réunions importantes, notamment à Bruxelles et à Kinshasa, mais il nous est actuellement impossible de nous déplacer. Même au niveau national, les autorités nous demandent de rester en stand-by à cause du risque sanitaire », a-t-il ajouté.
En conséquence, la coordination du projet fonctionne au ralenti, avec une dépendance accrue aux échanges virtuels, limitant ainsi l’efficacité des interventions sur le terrain.
Malgré ces contraintes, les partenaires techniques et financiers continuent de suivre l’évolution du projet. Intervenant par visioconférence, la directrice pays du Fonds international de développement agricole (FIDA), Martine Villeneuve, a salué les progrès réalisés, tout en insistant sur la nécessité d’adapter les stratégies au contexte actuel afin de préserver les acquis.
Financé à hauteur de 53 millions de dollars américains par le FIDA, l’OFID et le gouvernement congolais, le Pasa-NK vise à améliorer les revenus et la sécurité alimentaire de plus de 33 400 ménages agricoles à travers le développement de filières clés telles que le maïs, le riz, le café et la pomme de terre.
Cependant, la persistance d’Ebola, combinée aux défis sécuritaires, risque de compromettre les résultats attendus si des mesures adaptées ne sont pas rapidement mises en œuvre pour relancer les activités sur le terrain.
✍️ Guillaumette KABEMBA PUBI