
Avec la baisse des températures observée depuis plusieurs semaines à Kinshasa, les marchés de friperie connaissent une affluence inhabituelle. À Gambela, Selembao et aux alentours de l’Université pédagogique nationale (UPN), les étals de tricots, pulls, gilets et vestes pour enfants attirent chaque jour de nombreux parents soucieux de protéger leurs enfants contre le froid de la saison sèche.
Dès les premières heures de la matinée, des acheteurs parcourent les allées des marchés à la recherche de vêtements chauds adaptés aux enfants. Pour de nombreuses familles, il s’agit d’un achat devenu indispensable face aux températures fraîches enregistrées au lever du jour et en soirée.
À l’UPN, Annita Lusamba, vendeuse de friperie depuis plusieurs années, constate une nette augmentation de la clientèle par rapport à l’année précédente.
« Cette année, nous vendons beaucoup plus de tricots et de pulls. L’année passée, le froid n’était pas aussi intense. Les parents viennent nombreux acheter des vêtements chauds pour leurs enfants avant qu’ils n’aillent à l’école », explique-t-elle.
Même constat au marché de Selembao où Maguy Mafute observe un regain d’activité autour des ballots de vêtements destinés aux plus jeunes.

« Nous recevons beaucoup de clients depuis le début de la saison sèche. Les parents recherchent surtout des pulls, des gilets et des vestes pour les enfants. Les ventes sont meilleures que l’année dernière », affirme la commerçante.
Au marché Gambela, Trésor Munga, jeune vendeur ambulant, sillonne les avenues avec ses articles suspendus sur les bras. Pour lui aussi, la saison est favorable aux affaires.
« Le froid pousse les parents à acheter. Beaucoup de personnes qui passaient sans acheter s’arrêtent maintenant pour regarder les tricots et les pulls. Les enfants sont les premiers concernés », témoigne-t-il.
Si les vendeurs se réjouissent de cet engouement, les acheteurs, eux, dénoncent la hausse des prix observée sur plusieurs articles. Malgré cette situation, la protection des enfants demeure une priorité pour de nombreux ménages.
« Les prix ont augmenté cette année. Un pull qui coûtait moins cher auparavant est devenu plus cher aujourd’hui. Mais nous sommes obligés d’acheter parce que les enfants souffrent du froid lorsqu’ils partent à l’école tôt le matin », confie Falone Kasongo mère de famille rencontrée au marché de Selembao.
Bosco Mvuendi un père de famille croisé à Gambela partage la même préoccupation.
« Nous faisons un effort malgré nos moyens limités. La santé des enfants est plus importante. Lorsqu’ils sont bien couverts, ils tombent moins facilement malades », explique-t-il.
Dans plusieurs écoles de la capitale, les élèves arrivent désormais vêtus de tricots, de pulls ou de vestes afin de se protéger des températures parfois basses enregistrées durant la saison sèche. Cette réalité pousse de nombreux parents à revoir leurs priorités budgétaires afin d’assurer le confort et le bien-être de leurs enfants.
Pour les commerçants de friperie, cette période représente également une opportunité économique importante. Les vêtements chauds figurent parmi les articles les plus recherchés du moment, au même titre que les couvertures et les chaussettes.
Au-delà de l’activité commerciale, le phénomène traduit surtout la volonté des parents de préserver la santé de leurs enfants face aux rigueurs de la saison sèche. Malgré la hausse des prix et les difficultés économiques, les familles kinoises continuent de fréquenter les marchés à la recherche de solutions accessibles pour protéger les plus jeunes contre le froid.
Entre impératif de santé et contraintes financières, les tricots et les pulls de friperie demeurent ainsi des alliés précieux pour de nombreux ménages de la capitale durant cette période de l’année.
✍️ Guillaumette KABEMBA PUBI