Dans de nombreuses localités enclavées de la République démocratique du Congo, l’accès à l’eau potable et à l’électricité reste un défi quotidien. Cette situation affecte la santé, l’éducation, les activités économiques et les conditions de vie des populations. Face à ce constat, le gouvernement a engagé une réflexion pour accélérer la mise en œuvre des projets destinés à améliorer la desserte dans les provinces les plus touchées.
Cette initiative a été au cœur d’une réunion de travail présidée jeudi à Kinshasa par le vice-Premier ministre, ministre de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, en présence des responsables de la Société nationale d’électricité (SNEL), de la Régie de distribution d’eau (REGIDESO), de l’Agence nationale de l’électrification et des services énergétiques en milieux rural et périurbain (ANSER), de l’Office national de l’hydraulique rurale (ONHR) ainsi que d’autres services publics concernés.
Selon Daniel Mukoko Samba, cette première séance de travail visait à définir une méthodologie devant aboutir à un programme d’intervention « rapide, concret et réaliste » pour améliorer l’accès des populations à l’eau potable et à l’électricité.
Les discussions se sont particulièrement concentrées sur les provinces du Sankuru et de la Tshuapa, où les infrastructures restent insuffisantes. Dans ces régions, de nombreuses familles parcourent encore plusieurs kilomètres pour s’approvisionner en eau, tandis que l’absence d’électricité limite le fonctionnement des centres de santé, des écoles, des petites entreprises et des services administratifs.
Les données présentées au cours de la réunion montrent que le taux de desserte en eau potable en milieu rural demeure très faible. Il est estimé à seulement 3 % dans la province de la Tshuapa, contre 32 % dans le Sankuru, révélant l’ampleur des besoins dans ces territoires.
Pour améliorer cette situation, les responsables du secteur ont recommandé le renforcement des capacités de la REGIDESO, déjà présente dans le Sankuru, ainsi que la réhabilitation des infrastructures existantes dans la Tshuapa afin d’étendre progressivement l’accès à l’eau potable.
Sur le volet énergétique, le directeur général de l’ANSER a indiqué que plusieurs projets d’électrification sont en cours depuis 2022 dans le territoire de Lomela, au Sankuru. Deux autres projets concernant Katako-Kombe ont déjà reçu l’approbation du gouvernement. Dans la province de la Tshuapa, des projets sont également prévus dans les territoires de Bokungu et de Djolu.
Toutefois, la principale difficulté reste la mobilisation des ressources financières nécessaires à la concrétisation de ces investissements.
Le gouvernement a également accordé une attention particulière au projet hydroélectrique de Lusambo, dont la capacité est estimée à 1 000 mégawatts. Le vice-Premier ministre a demandé aux entreprises publiques concernées de consolider toutes les informations relatives à ce projet, notamment son état d’avancement, les études techniques disponibles et les besoins de financement, afin de faciliter la prise de décisions.
Les différentes structures publiques ont été instruites de transmettre des données actualisées sur l’ensemble des projets en cours et de définir clairement leurs priorités. L’objectif est de permettre au gouvernement de mobiliser les financements nécessaires et d’accélérer l’exécution des infrastructures destinées à améliorer les conditions de vie des populations.
Pour les habitants des territoires enclavés, l’accès à l’eau potable et à l’électricité représente bien plus que des infrastructures. Il constitue un levier essentiel pour réduire les maladies liées à l’eau insalubre, améliorer la qualité des soins de santé, favoriser la réussite scolaire, soutenir les activités génératrices de revenus et renforcer le développement local. Les décisions prises lors de cette réunion pourraient ainsi contribuer, à terme, à réduire les inégalités d’accès aux services essentiels entre les centres urbains et les zones rurales les plus isolées.
✍️ Guillaumette KABEMBA PUBI
