
Les informations faisant état d’un mécontentement des agents affectés au Centre de traitement Ebola (CTE) de Kisangani, notamment au sujet d’un prétendu non-paiement, ont été démenties mercredi 12 août par le chef de la Division provinciale de la santé (DPS) de la Tshopo, Dr Bienvenu Ikomo.
Selon le responsable provincial de la santé, les tensions rapportées sur les réseaux sociaux seraient liées à une confusion autour des conditions et des montants de paiement des prestataires mobilisés dans la riposte contre la maladie à virus Ebola.
« Nous avons été surpris de voir circuler sur les réseaux sociaux des vidéos faisant état du mécontentement des agents affectés au CTE, notamment au sujet d’un prétendu non-paiement. Pourtant, les listes de ces agents n’étaient même pas encore établies », a expliqué Dr Bienvenu Ikomo.
Il a précisé que la situation faisait notamment suite à la circulation d’informations erronées concernant la rémunération des hygiénistes, faisant état d’un montant de 750 dollars américains qui aurait été versé en Ituri.
Pour mettre fin à la confusion, la DPS Tshopo a présenté aux équipes concernées le barème officiel applicable aux différents prestataires.
« C’est aujourd’hui que je viens de valider les listes. Nous avons présenté à cette équipe le barème officiel, selon lequel un hygiéniste ne peut pas percevoir 750 dollars, mais plutôt 210 dollars, à raison de 7 dollars par jour pendant 30 jours », a indiqué le chef de la DPS.
Ce barème, précise-t-il, est déjà appliqué à Bunia. Les autres catégories de prestataires bénéficient également d’une rémunération correspondant au barème qui leur est officiellement reconnu.
Dans le cadre du processus de paiement, la DPS Tshopo met en œuvre les instructions de la hiérarchie portant notamment sur l’enregistrement des prestataires et la délivrance à chacun d’une carte Visa biométrique.
L’équipe chargée de cette opération est présente à Kisangani depuis environ une semaine et demie et travaille en collaboration avec les services de la DPS.
Après une rencontre mardi avec les autorités sanitaires, les prestataires apparus dans une première vidéo ont, dans une seconde vidéo, reconnu leur erreur et obtenu des éclaircissements sur la procédure.
« Nous avons suivi une autre vidéo dans laquelle ils ont reconnu qu’ils n’avaient pas raison. Ils ont ainsi reconnu leur erreur. Aujourd’hui, ces mêmes prestataires vont commencer l’enregistrement, puisque j’ai validé les listes », a affirmé Dr Ikomo.
Face à l’évolution de l’épidémie et au nombre de cas enregistrés, le chef de la DPS Tshopo insiste sur la nécessité pour chaque zone de santé d’adapter ses effectifs à sa charge de travail.
Il a également défendu la rigueur observée dans l’établissement des listes des prestataires, estimant que cette démarche était nécessaire pour éviter les irrégularités.
Cette exigence aurait entraîné un retard dans la validation des listes. Leur saisie devait commencer mercredi et être finalisée dans un délai de deux à trois jours, avant la transmission du fichier à Bunia pour permettre le paiement des prestataires.
Par ailleurs, Dr Bienvenu Ikomo a signalé qu’un incident était survenu avant ces déclarations. Le partenaire Médecins Sans Frontières (MSF) aurait procédé à un paiement sans avoir préalablement obtenu l’autorisation de la Division provinciale de la santé.
La DPS Tshopo entend ainsi maintenir un contrôle sur le processus d’identification, d’enregistrement et de paiement des prestataires mobilisés dans la réponse à l’épidémie d’Ebola à Kisangani.
✍️ Guillaumette KABEMBA PUBI