
La maladie à virus Ebola continue de progresser en République démocratique du Congo. Au 5 septembre 2026, le pays comptait 6 604 cas confirmés et 3 175 décès, soit un taux de létalité de 48,1 %. L’Ituri reste de loin la province la plus touchée, avec plus de 80 % des cas enregistrés depuis le début de l’épidémie.
La situation demeure préoccupante dans les provinces affectées par la 17ᵉ épidémie de maladie à virus Ebola en RDC. Selon le rapport de situation n°114 de la Task Force présidentielle Ebola, publié par l’Institut national de santé publique (INSP) le 6 septembre, 82 nouveaux cas confirmés ont été enregistrés au cours des dernières 24 heures couvertes par le rapport.

Ces nouveaux cas sont répartis entre l’Ituri avec 49 cas, le Nord-Kivu avec 31 cas et le Haut-Uélé avec 2 cas. À ces nouvelles contaminations s’ajoutent 32 décès communautaires et 9 décès survenus dans les centres de traitement Ebola (CTE), portant le nombre total de décès enregistrés au cours de cette période à 41.
L’Ituri reste au cœur de la flambée épidémique. La province concentre 5 326 cas confirmés et 2 398 décès, soit 80,6 % de l’ensemble des cas confirmés enregistrés dans le pays.

Le Nord-Kivu constitue le deuxième principal foyer, avec 1 000 cas confirmés et 659 décès. Le Haut-Uélé compte pour sa part 249 cas confirmés et 105 décès.
Au total, l’épidémie touche désormais 61 zones de santé sur les 151 que compte le pays, soit 40,4 %, dans six provinces : l’Ituri, le Nord-Kivu, le Haut-Uélé, la Tshopo, le Sud-Kivu et le Bas-Uélé.
Malgré la gravité de la situation, des patients continuent de sortir guéris des structures de prise en charge. Au 5 septembre, 1 548 personnes avaient été déclarées guéries, après avoir obtenu deux résultats négatifs aux tests de la maladie à virus Ebola.
Par ailleurs, 851 patients étaient encore en isolement ou pris en charge dans les centres de traitement Ebola.
Le dispositif de surveillance reste également mobilisé. Le taux quotidien de suivi des contacts s’établissait à 85,7 %, légèrement au-dessus du seuil de 85 % fixé par la riposte.
Cette flambée est liée au virus Ebola de souche Bundibugyo. Les premiers cas suspects ont été signalés entre avril et mai 2026, avant la confirmation biologique de cette souche et la déclaration officielle de la 17ᵉ épidémie.
Contrairement à ce qui peut être affirmé à tort, la riposte dispose bien d’un vaccin contre Ebola. Le rapport de l’INSP indique notamment l’utilisation du vaccin Ervebo dans les activités de vaccination. Au Bas-Uélé, la vaccination s’est poursuivie dans la zone de santé de Buta au bénéfice de personnes considérées comme prioritaires dans la riposte. Le rapport fait toutefois état d’une rupture temporaire de stock à Buta et de difficultés logistiques pour étendre les activités de vaccination.
La prise en charge repose parallèlement sur l’isolement des patients, le suivi des contacts, la prévention et le contrôle des infections, la surveillance épidémiologique ainsi que l’engagement des communautés.
La riposte reste confrontée à plusieurs défis opérationnels. Dans certaines zones, les capacités d’accueil des structures de prise en charge sont insuffisantes.
Le rapport signale notamment une saturation des capacités d’accueil au Nord-Kivu, où le taux d’occupation des lits dans les structures dédiées dépassait 100 %. En Ituri, plusieurs centres connaissent également des tensions en matière de capacité d’accueil, tandis que certains travaux d’extension sont toujours en cours.
La surveillance des contacts reste par ailleurs confrontée à des insuffisances d’équipes et de moyens, particulièrement dans certaines zones du Bas-Uélé.
À ces difficultés sanitaires s’ajoutent les contraintes sécuritaires et logistiques qui compliquent le déplacement des équipes et l’accès aux populations dans certaines zones touchées.
Face à la poursuite de la transmission, les autorités sanitaires maintiennent leurs efforts autour de plusieurs axes : détection rapide des cas, investigation des alertes, suivi des contacts, prise en charge des malades, vaccination des personnes ciblées et renforcement de la prévention et du contrôle des infections.
L’engagement communautaire demeure également un élément central de la réponse. Dans plusieurs zones affectées, les équipes de riposte poursuivent les visites à domicile, les séances de sensibilisation et les actions de communication afin d’améliorer l’adhésion des populations aux mesures de prévention.

Avec 6 604 cas confirmés, 3 175 décès et une létalité de 48,1 %, la 17ᵉ épidémie d’Ebola demeure ainsi une urgence sanitaire majeure en RDC. La persistance de nouveaux cas en Ituri, au Nord-Kivu et au Haut-Uélé montre que la transmission reste active et que le renforcement de la surveillance, de la prise en charge et de l’engagement communautaire demeure indispensable pour interrompre les chaînes de transmission.
✍️ Guillaumette KABEMBA PUBI