
À l’occasion de la Journée internationale pour la protection de l’éducation contre les attaques, célébrée le 9 septembre, les Nations unies appellent à renforcer la protection des élèves, des enseignants et des établissements scolaires dans les situations de conflit. En République démocratique du Congo (RDC), cette journée prend une résonance particulière dans les provinces de l’Est, où l’insécurité, les déplacements de populations et les crises humanitaires continuent de perturber la scolarité de nombreux enfants.
L’éducation ne peut pas être considérée comme une victime collatérale des conflits. C’est le message porté par la Journée internationale pour la protection de l’éducation contre les attaques, instituée par l’Assemblée générale des Nations unies et célébrée chaque 9 septembre.
Pour l’édition 2026, les Nations unies posent une question centrale : « Can Education Survive Attack? », autrement dit : « L’éducation peut-elle survivre aux attaques ? ». Cette interrogation renvoie directement à la situation des enfants vivant dans les zones touchées par les conflits armés, où les écoles peuvent être fermées, endommagées ou contraintes de fonctionner dans des conditions particulièrement difficiles.
En République démocratique du Congo, la protection de l’éducation constitue un défi majeur, particulièrement dans l’Est du pays. Les violences et les déplacements de populations peuvent interrompre la fréquentation scolaire et fragiliser davantage les enfants déjà exposés à des conditions de vie précaires.
La question de la sécurité des établissements scolaires se pose également dans un contexte où certaines communautés doivent régulièrement s’adapter aux mouvements de populations et aux urgences humanitaires.
À cette situation sécuritaire s’ajoute cette année une autre menace : la crise sanitaire liée à la maladie à virus Ebola.
Dans les zones les plus touchées, notamment en Ituri, la rentrée scolaire 2026-2027 s’est déroulée dans un contexte de forte inquiétude. Plus d’un millier d’écoles de la province avaient été classées dans des zones considérées à haut risque dans le cadre de la réponse à l’épidémie. Malgré cela, les autorités ont privilégié la reprise des cours en présentiel, avec des mesures de prévention sanitaire.
Cette situation montre que la protection de l’éducation ne concerne pas uniquement les attaques armées. Elle implique également la capacité du système éducatif à maintenir l’apprentissage dans les situations d’urgence, tout en garantissant la sécurité et la santé des élèves et du personnel enseignant.
Face à ces défis, la protection de l’éducation en RDC doit passer par des actions concrètes.
Il s’agit notamment de renforcer la sécurité autour des établissements scolaires situés dans les zones affectées par les conflits, d’éviter que les écoles ne soient utilisées à des fins militaires et de garantir aux enseignants et aux élèves un environnement aussi sûr que possible.
La continuité pédagogique doit également être anticipée. Lorsque les cours en présentiel deviennent impossibles, les autorités et leurs partenaires doivent pouvoir recourir rapidement à des solutions adaptées : enseignement à distance, programmes radiophoniques, supports pédagogiques distribués aux élèves ou espaces temporaires d’apprentissage.
L’expérience récente de la rentrée scolaire dans les zones touchées par Ebola montre justement l’importance de disposer de mécanismes capables de maintenir l’apprentissage tout en protégeant les enfants. Les autorités ont notamment prévu des mesures d’hygiène dans les établissements situés dans les zones à risque.
La protection de l’école ne relève pas du seul ministère de l’Éducation. Elle nécessite l’engagement des autorités nationales et provinciales, des enseignants, des parents, des communautés, des organisations humanitaires et des partenaires techniques et financiers.
En RDC, investir dans la sécurité des établissements scolaires, l’eau, l’hygiène, les infrastructures, la formation des enseignants et les mécanismes de continuité pédagogique revient à protéger bien plus qu’un bâtiment : il s’agit de préserver le droit de toute une génération à apprendre et à construire son avenir.
Dans les zones affectées par les conflits, maintenir une école ouverte et sûre peut également contribuer à redonner aux enfants un cadre stable, alors que leur environnement familial et social est profondément bouleversé.
La Journée internationale pour la protection de l’éducation contre les attaques apparaît ainsi comme un appel à l’action pour la RDC : aucun enfant ne devrait voir son avenir compromis parce qu’il vit dans une zone touchée par la guerre, les déplacements ou une crise majeure.
Protéger l’école aujourd’hui, c’est protéger les compétences, les rêves et l’avenir de la République démocratique du Congo.
✍️ Guillaumette KABEMBA PUBI