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Ebola en RDC : le pic derrière, la riposte reste mobilisée dans les zones encore touchées

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Quatre mois et demi après le début de la 17ᵉ épidémie de maladie à virus Ebola en République démocratique du Congo, la riposte constate une évolution favorable dans plusieurs foyers, même si la transmission reste active dans certaines zones de santé. C’est le principal message ressorti du point de presse organisé vendredi 2 octobre à Kinshasa autour de la situation de l’épidémie.

Le point de presse consacré à l’évolution de la maladie à virus Ebola a permis au ministère de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale et au Système de gestion de l’incident de présenter l’état de la riposte, quatre mois et demi après la déclaration de l’épidémie, le 15 mai 2026.

Prenant la parole, le ministre de la Santé, Dr Samuel Roger Kamba, a estimé que la dynamique actuelle permettait de considérer que le pic de l’épidémie était désormais dépassé. Il s’est appuyé notamment sur les données présentées par le Professeur Steve Ahuka-Mundeke, Incident Manager de la riposte.

« Le pic est derrière nous », a déclaré le ministre, reprenant également une formule du Professeur Jean-Jacques Muyembe selon laquelle « l’épidémie ne peut plus nous échapper ».

Dans sa présentation, le Professeur Steve Ahuka-Mundeke a expliqué que l’épidémie avait connu une croissance importante entre le 15 mai et la fin du mois de juillet, avant d’amorcer une décroissance.

Selon les données communiquées au point de presse, la maladie avait alors touché sept provinces, avec plus de 8 000 cas confirmés et plus de 3 200 décès. Les chiffres gouvernementaux disponibles au 2 octobre faisaient état de 8 300 cas confirmés et 4 018 décès, avec plus de 2 000 personnes guéries.

Le responsable de la riposte a toutefois insisté sur les disparités entre les foyers. L’Ituri, le Nord-Kivu et le Haut-Uélé figurent parmi les principales zones ayant contribué au nombre de cas, avec des dynamiques différentes selon les provinces.

Pour le Professeur Ahuka, l’évolution des courbes montre que plusieurs hotspots connaissent désormais une diminution du nombre de cas et de décès. Mais cette tendance ne signifie pas la fin de la transmission.

L’un des éléments mis en avant par le ministre Kamba concerne l’évolution de la situation dans les 63 zones de santé touchées.

Selon les données présentées lors du point de presse, 12 zones de santé n’avaient plus enregistré de nouveau cas depuis 42 jours, tandis que huit autres se trouvaient dans une période comprise entre 22 et 42 jours sans nouveau cas.

Pour les autorités sanitaires, cet indicateur traduit une réduction progressive du nombre de zones où la transmission demeure active. Le ministre a ainsi expliqué que la riposte ne raisonnait plus uniquement en termes d’épidémie provinciale, mais de plus en plus zone de santé par zone de santé.

L’objectif reste néanmoins d’atteindre les 42 jours sans nouveau cas, seuil permettant de confirmer l’interruption de la transmission dans une zone.

Le ministre Samuel Roger Kamba a cité la Tshopo comme l’un des exemples de réponse permettant de contenir la progression du virus.

Selon les éléments présentés, le premier cas y avait été enregistré le 28 juin et 45 cas au total avaient été rapportés depuis le début de l’épidémie dans cette province, en incluant les cas importés.

Le Sud-Ubangi a également été cité pour illustrer la capacité de réaction rapide du dispositif. Après la notification d’un cas, les équipes de riposte ont été déployées rapidement avec les moyens nécessaires à la prise en charge, à la vaccination et au suivi des contacts.

Pour le ministre, cette expérience démontre l’importance de l’anticipation et de la rapidité d’intervention lorsqu’un nouveau cas est détecté.

Malgré les signes favorables observés dans plusieurs foyers, le Professeur Steve Ahuka-Mundeke a souligné que certaines zones demeuraient particulièrement préoccupantes.

Les difficultés d’accès liées à l’insécurité constituent notamment un obstacle aux activités de surveillance et de riposte dans certaines zones, dont Beni et Mandima, ainsi que d’autres secteurs cités lors de sa présentation.

La mobilité des populations constitue également un facteur de risque. Des zones ayant connu une période de stabilisation peuvent en effet enregistrer de nouveaux cas à la suite de mouvements de populations.

Au-delà de l’épidémie actuelle, le ministre Samuel Roger Kamba a insisté sur la nécessité de renforcer durablement le système de santé congolais.

Il a rappelé que la RDC fait régulièrement face à différentes épidémies, notamment Ebola, le choléra et la rougeole, mettant à rude épreuve les capacités sanitaires du pays.

Le ministre a notamment évoqué la nécessité de renforcer les infrastructures, les ressources humaines, les capacités de détection et les mécanismes permettant une réponse rapide.

Il a également cité l’expérience de l’Ituri, où des insuffisances importantes en matière d’équipements et de moyens logistiques ont été constatées, comme illustration de la fragilité de certaines capacités sanitaires.

Pour Samuel Roger Kamba, l’enjeu est désormais de construire un système capable d’anticiper les prochaines épidémies plutôt que d’intervenir uniquement après leur apparition.

Au terme de leurs interventions, le ministre de la Santé et l’Incident Manager ont livré un message à la fois encourageant et prudent : la dynamique de l’épidémie est en baisse dans plusieurs foyers, mais la transmission n’est pas encore interrompue partout.

La poursuite de la surveillance, le suivi des contacts, la détection rapide des cas et l’accès aux communautés restent donc essentiels pour parvenir à l’objectif fixé par la riposte : zéro nouveau cas pendant 42 jours et, à terme, l’interruption de la transmission du virus Ebola sur l’ensemble des zones touchées.

✍️ Guillaumette KABEMBA PUBI

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