L’épidémie de maladie à virus Ebola ne se limite pas aux pertes en vies humaines. Dans l’Est de la République démocratique du Congo, près de 2 000 enfants ont perdu l’un ou leurs deux parents, ou ont été séparés de leurs proches à cause de la maladie, selon le dernier rapport de l’UNICEF parvenu à eco-vie.cd. L’agence onusienne prévient que ce bilan pourrait encore être sous-estimé.
Au total, 1 581 enfants en Ituri et 322 au Nord-Kivu sont concernés par cette situation, d’après le rapport. Certains ont perdu l’un ou leurs deux parents, tandis que d’autres ont été séparés de leurs parents ou tuteurs au cours de l’épidémie.
À Bunia, le cas d’un nourrisson de sept mois illustre la vulnérabilité particulière des enfants face à cette crise. Le bébé a survécu à Ebola, mais a perdu sa mère, décédée des suites de la maladie. Il a été rencontré par la responsable des opérations d’urgence de l’UNICEF lors d’une mission dans la région.
L’organisation relève que la prise en charge des enfants devient particulièrement difficile lorsqu’un parent est hospitalisé ou décède. La crainte d’une contamination peut en effet conduire certains proches à hésiter à accueillir les enfants, affaiblissant ainsi les mécanismes habituels de solidarité familiale.
Face à cette situation, l’UNICEF appuie douze crèches installées à proximité des centres de traitement Ebola. Elles permettent d’accueillir temporairement les enfants dont les parents sont hospitalisés ou pris en charge, tout en assurant leur suivi médical afin de détecter rapidement d’éventuels symptômes.
L’agence des Nations unies contribue également à rechercher des familles d’accueil et à organiser la prise en charge des enfants séparés de leurs parents ou de leurs tuteurs.
Mais les besoins restent considérables. L’UNICEF indique avoir mobilisé 40 millions de dollars sur les 113 millions de dollars nécessaires pour mettre en œuvre sa réponse humanitaire en République démocratique du Congo.
Dans les provinces touchées, la peur liée à la contagion continue ainsi de fragiliser les réseaux familiaux et communautaires. Pour de nombreux enfants affectés par Ebola, les conséquences de l’épidémie dépassent donc largement la maladie elle-même et se prolongent dans leur vie familiale et sociale.
✍️ Guillaumette KABEMBA PUBI
