À l’occasion de la Journée internationale de l’anesthésie, célébrée ce 16 octobre 2026, le Conseil National des Techniciens Anesthésistes-Réanimateurs (CNTAR) de la République démocratique du Congo appelle au renforcement de la formation, des équipements et de l’intégration professionnelle des techniciens anesthésistes-réanimateurs (TAR) dans les structures sanitaires du pays.
Dans son mot de circonstance, le président national du CNTAR, Justin Marius KIMBIEN MFUMUFIOTI, a souligné l’importance de l’anesthésie-réanimation dans la sécurité des soins, la chirurgie, la médecine d’urgence et la protection de la vie humaine.
Selon lui, la célébration de cette journée constitue également une occasion de rendre hommage aux professionnels de l’anesthésie-réanimation qui travaillent, souvent dans l’ombre, pour permettre aux patients de bénéficier d’interventions chirurgicales dans des conditions de sécurité optimales.
Placée sous le thème international « Avant, pendant et après l’intervention chirurgicale », cette journée rappelle que le rôle de l’anesthésie ne se limite pas à endormir le patient et à assurer son réveil.
La prise en charge commence avant l’intervention avec l’évaluation préanesthésique, l’identification des risques, la préparation du patient et du matériel ainsi que l’anticipation des éventuelles complications.
Pendant l’intervention, l’équipe d’anesthésie assure notamment la surveillance continue des fonctions vitales, la gestion des voies aériennes, le contrôle de la ventilation et de l’oxygénation ainsi que la prévention des complications, en collaboration avec l’équipe chirurgicale.
Après l’opération, cette prise en charge se poursuit notamment dans la salle de surveillance postinterventionnelle, les unités de soins intensifs et les services de soins, avec pour objectifs le réveil du patient, le contrôle de la douleur, la détection précoce des complications et sa récupération.
La célébration intervient alors que la RDC fait face à une nouvelle épidémie de maladie à virus Ebola. Dans ce contexte, le CNTAR estime que la réponse sanitaire doit également intégrer la préparation des structures de soins, la protection du personnel, la disponibilité des moyens de prise en charge et la coordination entre les différentes professions de santé.
Le président national du CNTAR a notamment mis en avant la contribution des techniciens anesthésistes-réanimateurs à la prise en charge des patients présentant une détresse respiratoire, un état de choc, des troubles de la conscience ou d’autres défaillances vitales nécessitant une assistance spécialisée.
Dans les structures autorisées à prendre en charge les patients atteints d’Ebola, et dans le respect des protocoles nationaux et des mesures de prévention et de contrôle des infections, les TAR peuvent contribuer à la surveillance clinique, à la gestion des urgences vitales, à l’assistance respiratoire et à la préparation du matériel destiné aux soins critiques.
Le CNTAR insiste toutefois sur le respect strict des protocoles de biosécurité, particulièrement pour les gestes susceptibles de générer des aérosols. Ces interventions nécessitent, selon le document, une évaluation rigoureuse des risques, des équipements de protection adaptés, du personnel formé et des procédures spécifiques.
Au-delà des situations épidémiques, le CNTAR rappelle que les TAR jouent un rôle quotidien dans le fonctionnement des hôpitaux, notamment lors des césariennes et des interventions de chirurgie générale, orthopédique, urologique, neurochirurgicale ou obstétricale.
Le document relève cependant que plusieurs structures sanitaires de la RDC sont confrontées à des difficultés, notamment l’insuffisance des équipements de surveillance, le manque d’oxygène, la disponibilité limitée des médicaments anesthésiques et le déficit en ressources humaines.
Face à cette situation, le CNTAR plaide pour l’amélioration des conditions de travail et de sécurité des TAR, la disponibilité des médicaments, consommables et équipements essentiels d’anesthésie-réanimation, ainsi que le renforcement des compétences à travers la formation continue et les stages de perfectionnement.
L’organisation souhaite également une intégration effective des TAR qualifiés dans les établissements publics et privés, selon les besoins des structures sanitaires, ainsi qu’une meilleure prise en compte de leur contribution dans les plans de préparation aux urgences sanitaires et les équipes de riposte.
« Il n’y a pas de chirurgie sûre sans anesthésie sûre »
Pour le CNTAR, le fonctionnement d’un bloc opératoire ne dépend pas uniquement de l’existence d’une salle équipée et de la présence d’un chirurgien. Il nécessite également une équipe d’anesthésie compétente, du matériel adapté, des médicaments disponibles et une organisation rigoureuse des soins périopératoires.
Le président national résume cette exigence en affirmant qu’« il n’y a pas de chirurgie sûre sans anesthésie sûre », soulignant également que la sécurité anesthésique dépend de professionnels formés, protégés et correctement équipés.
À l’occasion de cette journée, le CNTAR adresse un appel aux autorités nationales et provinciales, aux responsables des établissements de santé ainsi qu’aux partenaires techniques et financiers afin de renforcer les services d’anesthésie-réanimation, particulièrement dans les hôpitaux généraux de référence et les structures situées dans les zones disposant de ressources limitées.
L’organisation appelle également à la mise en place de programmes de formation adaptés aux urgences vitales, à la préparation aux épidémies et à la prise en charge périopératoire.
Elle encourage par ailleurs la participation des TAR aux formations et exercices de simulation des équipes de riposte afin que leurs compétences puissent être mobilisées de manière organisée, sécurisée et efficace en cas d’urgence sanitaire.
Le CNTAR attire enfin l’attention sur la nécessité de créer de réelles possibilités d’emploi et d’intégration professionnelle pour les TAR qualifiés, alors que, selon son président national, plusieurs professionnels formés restent sans emploi malgré les besoins persistants en anesthésie-réanimation dans différentes structures sanitaires du pays.
À travers cette célébration, le CNTAR entend ainsi promouvoir une meilleure reconnaissance de la profession et contribuer au renforcement de la sécurité des soins en République démocratique du Congo.
« Investir dans les TAR, c’est investir dans la sécurité chirurgicale, la prise en charge des urgences, la préparation aux épidémies et la résilience de notre système de santé », souligne le président national.
La Journée nationale de l’anesthésie 2026 se veut ainsi un appel à l’action en faveur d’une anesthésie-réanimation mieux équipée, mieux organisée et davantage intégrée aux dispositifs de santé et de riposte du pays.
✍️ Guillaumette KABEMBA PUBI
