Spread the loveÀ l’occasion de la Journée mondiale de la drépanocytose célébrée chaque 19 juin, le coordonnateur principal du Réseau Drépanos SS, le Dr Ange Christian Ngonde Mambakasa, a accordé une interview à eco-vie.cd dans laquelle il dresse un état des lieux préoccupant de cette maladie en République démocratique du Congo (RDC). « La RDC […]
Spread the love
À l’occasion de la Journée mondiale de la drépanocytose célébrée chaque 19 juin, le coordonnateur principal du Réseau Drépanos SS, le Dr Ange Christian Ngonde Mambakasa, a accordé une interview à eco-vie.cd dans laquelle il dresse un état des lieux préoccupant de cette maladie en République démocratique du Congo (RDC).
« La RDC est le troisième pays au monde et le deuxième en Afrique avec le plus grand nombre de cas de drépanocytose », a-t-il déclaré, soulignant l’ampleur du problème de santé publique que représente cette pathologie génétique.
Selon lui, près de 20 % de la population congolaise est porteuse du trait drépanocytaire (AS), tandis qu’environ 1 % est atteinte de la forme sévère (SS).
« Chaque année, environ 2 % des nouveau-nés naissent drépanocytaires homozygotes », a-t-il précisé.
Face à cette situation, les patients et leurs familles font face à de nombreux défis.
« Le premier problème reste l’accessibilité aux soins médicaux, notamment trouver un personnel formé et capable de comprendre la maladie », a expliqué le Dr Ngonde Mambakasa. À cela s’ajoutent le coût élevé des traitements et « l’accès difficile aux médicaments essentiels ».
Depuis 2012, le Réseau Drépanos SS mène des actions de terrain pour améliorer la prise en charge des malades.
« Nous intervenons dans la sensibilisation communautaire, familiale et scolaire, mais aussi dans le dépistage », a-t-il indiqué.
Les activités du réseau incluent notamment le dépistage néonatal, le dépistage des femmes enceintes, des enfants, ainsi que celui des couples avant le mariage.
Cependant, le spécialiste déplore que ces efforts restent insuffisants à l’échelle nationale.
« Le dépistage précoce n’est pas encore systématisé en RDC. Il est surtout concentré dans les grandes villes, laissant les zones rurales sans accès à ces services », a-t-il regretté.
Les familles des enfants drépanocytaires ne sont pas épargnées par ces difficultés.
« Elles peinent à trouver des structures adaptées, à supporter le coût des soins et à bénéficier d’un accompagnement psychosocial adéquat », a-t-il fait savoir, insistant également sur le besoin de redonner espoir aux patients.
Dans son message aux autorités, le coordonnateur du Réseau Drépanos SS plaide pour des mesures concrètes.
« Il est nécessaire de mettre en place une couverture sanitaire adaptée aux drépanocytaires et de subventionner les médicaments essentiels », a-t-il recommandé.
Il appelle également à renforcer la disponibilité du sang sécurisé, notamment à travers la promotion du don volontaire.
En cette Journée mondiale de la drépanocytose, le Dr Ngonde Mambakasa insiste sur l’urgence d’une mobilisation collective.
« Avec un accompagnement adéquat, les personnes vivant avec la drépanocytose peuvent vivre pleinement et réaliser leurs ambitions », a-t-il conclu.