À Kisangani, l’École primaire conventionnée catholique Mandombe offre un visage inquiétant du système éducatif congolais. Dans cet établissement public, plus de 700 élèves étudient aujourd’hui dans des conditions précaires, au cœur d’infrastructures fortement dégradées.
Située sur la route menant à l’aéroport international, non loin du Petit Séminaire catholique Mandombe, cette école est composée de deux bâtiments abritant six salles de classe et un bureau administratif. Mais avec le temps, ces infrastructures se sont considérablement détériorées.
Des toitures arrachées, des plafonds qui se détachent, des murs fissurés et des salles trouées exposent élèves et enseignants aux intempéries et à des risques permanents. À chaque pluie ou vent violent, l’inquiétude grandit au sein de l’établissement.
Face à cette situation, le directeur de l’école, Antoine KASONGA, tire la sonnette d’alarme :
« Notre école est aujourd’hui dans un état très critique. Les bâtiments sont gravement endommagés et mettent en danger la vie des élèves et des enseignants. Nous travaillons dans des conditions très difficiles. »
Depuis la mise en œuvre de la gratuité de l’enseignement primaire en République démocratique du Congo par le président Félix Antoine Tshisekedi, l’E.P. Mandombe, seule école dans cette zone, a vu son effectif exploser. Aujourd’hui, certaines classes accueillent plus de 100 élèves, rendant les conditions d’apprentissage encore plus difficiles.
Malgré les difficultés, le directeur reconnaît les effets positifs de cette réforme :
« La gratuité de l’enseignement a permis à beaucoup d’enfants d’accéder à l’école. C’est une très bonne initiative, mais elle nécessite aujourd’hui un accompagnement en infrastructures et en équipements. »
À l’intérieur des salles, le manque d’équipements est criant. Les élèves sont assis sur des bancs de fortune, sans pupitres, souvent serrés les uns contre les autres. Certains suivent même les cours debout, faute de place. Dans une classe de première année primaire, plus de 120 enfants partagent un espace exigu, presque inhabitable.
Malgré ces conditions extrêmes, les enseignants poursuivent leur mission avec détermination, animés par la volonté de transmettre le savoir.
Cependant, l’urgence reste entière. Les autorités scolaires lancent un appel pressant aux pouvoirs publics et aux partenaires : la construction de nouvelles infrastructures, la dotation en bancs modernes, en équipements scolaires, ainsi que l’installation de dispositifs sanitaires et d’un accès à l’eau potable.
Car à l’E.P. Mandombe, apprendre ne devrait pas être un risque.
✍️ Guillaumette KABEMBA PUBI