
La fistule obstétricale demeure l’une des complications les plus graves et les plus méconnues liées à l’accouchement.
Touchant principalement les femmes vivant dans des zones à faible accès aux soins de santé, cette maladie continue de bouleverser des milliers de vies à travers le monde, particulièrement en Afrique subsaharienne.
En République démocratique du Congo, la situation reste préoccupante. Selon les estimations sanitaires, entre 5 000 et 7 000 nouveaux cas de fistule obstétricale sont enregistrés chaque année.
Plus de 42 000 femmes vivraient actuellement avec cette maladie dans le pays, tandis qu’en 2023, plus de 5 591 cas ont été officiellement notifiés dans le système national de surveillance sanitaire.
Les provinces du Nord-Kivu, du Haut-Lomami et du Kasaï Central figurent parmi les plus touchées.Provoquée le plus souvent par un travail prolongé et difficile sans prise en charge médicale adéquate, la fistule obstétricale entraîne une perforation entre le vagin et la vessie ou le rectum.
Cette lésion cause des pertes permanentes et incontrôlées d’urine ou de matières fécales, exposant les femmes concernées à de graves conséquences physiques, psychologiques et sociales.Au-delà des douleurs, des infections répétitives et parfois de l’infertilité, les survivantes font souvent face au rejet familial, à la stigmatisation et à l’isolement social.
Beaucoup perdent leurs moyens de subsistance et vivent dans une profonde détresse psychologique, alors même que cette maladie est évitable et traitable grâce à une intervention chirurgicale spécialisée.
Depuis plus de deux décennies, UNFPA multiplie les actions pour lutter contre cette pathologie. Entre 2003 et 2025, l’organisation a financé plus de 153 000 interventions chirurgicales pour traiter les fistules obstétricales dans plusieurs pays. Ces efforts visent non seulement à offrir des soins médicaux aux survivantes, mais aussi à favoriser leur réinsertion sociale et leur accompagnement psychologique.
Avec l’appui du Ministère de la Santé Publique, Hygiène et Prévoyance Sociale et de plusieurs partenaires internationaux, notamment le Canada, le Royaume-Uni, la Norvège, la Suède ainsi que Direction générale de la protection civile et des opérations d’aide humanitaire européennes, l’UNFPA poursuit également des programmes de sensibilisation, de prévention et d’amélioration de l’accès aux soins obstétricaux de qualité.C’est dans ce contexte qu’a été célébrée, le 23 mai dernier, la Journée Internationale de la Fistule Obstétricale sous le thème : « Sa santé est un droit : Investir pour mettre fin aux fistules et aux lésions obstétricales ». Cette journée a servi de rappel à la communauté internationale sur l’urgence de renforcer les investissements dans la santé maternelle afin d’éviter que des milliers de femmes continuent de souffrir en silence.
✍️ Guillaumette KABEMBA PUBI