
Un gorille de plaine de l’Est (Gorilla beringei graueri) est signalé depuis la fin du mois d’août 2026 aux abords de la cité de Pinga, dans le territoire de Walikale, au Nord-Kivu. La présence du primate à proximité des champs et des habitations inquiète les populations riveraines et fait craindre une confrontation entre l’animal, les habitants et leurs activités agricoles.
L’alerte a été donnée le 24 août au poste de patrouille de Katobi, relevant de la station de Kishondja, dans le secteur Sud de la Réserve des Primates de Kisimba-Ikobo (RPKI). Selon les premières informations recueillies, l’animal serait arrivé de la colline Ntaringi.
Une équipe d’éco-moniteurs dépêchée sur le terrain à partir du 26 août a confirmé la présence du gorille dans plusieurs bananeraies et autres espaces cultivés par les populations locales.
Dans un rapport rendu public le 27 août, le chef de site de la RPKI, Mutumbi Kapitula Désiré, estime que la situation dépasse le simple cadre d’un conflit entre les communautés et la faune sauvage.
La présence du gorille entraîne déjà des dégâts dans les cultures, notamment dans les bananeraies. Plusieurs agriculteurs craignent désormais de se rendre dans leurs champs, par peur d’une rencontre avec le primate.
Selon la RPKI, cette situation pourrait rapidement dégénérer si aucune intervention appropriée n’est mise en place. Une confrontation directe pourrait exposer les habitants à des blessures et, surtout, entraîner des actes de représailles contre l’animal.
Les responsables de la conservation appellent ainsi les autorités compétentes et les partenaires à agir rapidement afin d’assurer à la fois la sécurité des populations et la protection du gorille.
La proximité inhabituelle entre le gorille, les populations humaines et les animaux domestiques constitue également un risque sanitaire.
La RPKI insiste sur l’importance de l’approche « Une seule santé » (One Health), qui prend en compte les interactions entre la santé humaine, la santé animale et l’environnement.
Les contacts rapprochés entre humains et primates peuvent favoriser la transmission de certains agents pathogènes dans les deux sens. La prudence est donc recommandée afin d’éviter tout contact direct avec l’animal.
Le gorille de plaine de l’Est, également appelé gorille de Grauer, est une espèce fortement menacée. Sa présence dans une zone habitée l’expose davantage aux pièges, aux blessures, aux tentatives de capture ou à une éventuelle mise à mort par des personnes cherchant à protéger leurs biens.
Pour la RPKI, une intervention rapide permettrait de réduire les risques pour les communautés tout en donnant une chance au gorille de retrouver un environnement adapté.
La direction de la réserve appelle donc à une mobilisation urgente des autorités et des acteurs de la conservation. L’objectif est d’éviter qu’un incident entre l’animal et les populations ne se transforme en drame humain ou en perte supplémentaire pour une espèce déjà menacée.
Dans l’attente d’une intervention spécialisée, les populations sont appelées à éviter tout contact avec le gorille, à ne pas tenter de le capturer ou de le chasser et à signaler sa présence aux services compétents.
✍️ Guillaumette KABEMBA PUBI