
À première vue, ce chemin verdoyant pourrait être confondu avec une allée de jardin ou un terrain de golf. Pourtant, cette image a été captée au cœur d’une forêt de Bikoro, dans la province de l’Équateur, en République démocratique du Congo.
Selon l’écologiste et herpétologue Arsène Nnama, ce sentier entièrement recouvert de mousse constitue un indicateur naturel de la bonne santé de l’écosystème forestier.
La présence continue de cette couverture végétale traduit notamment une canopée intacte, une humidité permanente et l’absence de perturbations humaines importantes telles que le passage d’engins motorisés ou la dégradation des sols.
« Pour un œil non averti, il s’agit simplement d’un beau paysage. Mais pour les scientifiques, c’est le signe d’un écosystème forestier encore préservé », explique-t-il.
L’expert souligne que ce type de sentier a pratiquement disparu dans certaines régions du pays, notamment au Sud-Kivu, où la pression démographique, la déforestation et la fragmentation des habitats ont profondément modifié les paysages forestiers.
Au-delà de la disparition de la mousse, ces transformations entraînent également la perte de nombreux micro-habitats indispensables à la survie de plusieurs espèces, dont les amphibiens, considérés comme d’importants bio-indicateurs de la qualité environnementale.
Alors que la cuvette centrale du Bassin du Congo conserve encore de vastes espaces forestiers relativement intacts, les défenseurs de l’environnement mettent en garde contre les menaces qui pèsent sur ce patrimoine naturel exceptionnel.

À travers ses activités de recherche, de suivi de la biodiversité et de conservation communautaire, l’organisation CONEV RDC plaide pour un renforcement des efforts de protection de ces écosystèmes stratégiques pour le climat mondial.
Pour les acteurs de la conservation, préserver ces forêts aujourd’hui est essentiel afin d’éviter qu’elles ne deviennent demain de simples souvenirs immortalisés sur des photographies.
✍️ Guillaumette KABEMBA PUBI