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Kinshasa : le taux d’enregistrement des naissances atteint 70 %, mais des défis persistent

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Le taux d’enregistrement des naissances dans la ville de Kinshasa a atteint 70 % au cours du premier semestre 2026. Cette progression est le fruit des efforts entrepris pour renforcer la collaboration entre les services de l’état civil et le secteur de la santé. Toutefois, malgré ces avancées, des défis liés au financement, à la formation des acteurs et à la disponibilité des intrants continuent de freiner l’objectif d’une couverture universelle.

L’annonce a été faite par Maître Noël Richelieu Luenda Mambuene, chef du Bureau de l’état civil et de la population,division urbaine de Kinshasa, ministere de l’Intérieur qui a expliqué que cette amélioration est principalement due à l’interopérabilité instaurée entre les structures sanitaires et les services de l’état civil.

« Nous avons renforcé la collaboration avec le secteur de la santé afin que chaque naissance puisse être rapidement enregistrée. Cette interopérabilité a permis d’améliorer considérablement le taux d’enregistrement des naissances dans la ville de Kinshasa », a-t-il indiqué.

Dans le cadre de cette stratégie, plus de 5 000 relais communautaires ont été formés sur les procédures d’enregistrement des naissances. Déployés dans les quartiers et les ménages, ces agents identifient les enfants qui ne disposent pas encore d’un acte de naissance et remplissent des fiches de requête destinées à leur régularisation.

Ces fiches sont ensuite transmises aux tribunaux pour enfants. Grâce à un protocole d’accord signé entre les juridictions compétentes et les services de l’état civil, les tribunaux délivrent des ordonnances supplétives, qui permettent l’établissement des actes de naissance pour les enfants enregistrés tardivement.

Selon Maître Noël Richelieu Luenda Mambuene, cette opération de rattrapage devrait permettre à plus de 200 000 enfants d’obtenir un acte de naissance et d’être officiellement reconnus par l’État.

L’enregistrement des naissances constitue la première reconnaissance juridique de l’existence d’un enfant. L’acte de naissance lui confère une identité légale, établit sa filiation et sa nationalité, et garantit l’accès à de nombreux droits fondamentaux.

Ce document est indispensable pour de nombreuses démarches administratives tout au long de la vie.

Au-delà de ces aspects, l’enregistrement à l’état civil protège les enfants contre les risques d’apatridie, de traite, de travail forcé, de mariage précoce et d’autres formes d’exploitation. Il permet également aux autorités de disposer de statistiques fiables afin de mieux planifier les politiques publiques en matière de santé, d’éducation, de protection sociale et de développement.

Malgré les progrès enregistrés, le chef du Bureau de l’état civil et de la population de Kinshasa estime que les ressources disponibles demeurent insuffisantes pour couvrir l’ensemble des besoins.

Il appelle à un renforcement du financement afin de produire les intrants indispensables au fonctionnement des bureaux de l’état civil, notamment les registres de naissance et les autres documents administratifs.

Il plaide également pour un investissement accru dans la formation des agents et des relais communautaires, estimant que le renforcement des capacités est indispensable pour garantir un service efficace et de qualité.

Le suivi des activités sur le terrain constitue également un défi majeur, faute de moyens suffisants pour accompagner les équipes déployées dans les différentes communes de la capitale.

Enfin, Maître Noël Richelieu Luenda Mambuene a précisé que les chiffres présentés concernent exclusivement la ville de Kinshasa et ne reflètent pas la situation de l’ensemble de la République démocratique du Congo, les données nationales étant centralisées à un autre niveau de l’administration.

Alors que la RDC poursuit ses efforts pour garantir une identité juridique à chaque enfant, les autorités rappellent que l’enregistrement des naissances demeure un levier essentiel pour la protection des droits de l’enfant et la réalisation des Objectifs de développement durable, qui visent notamment à assurer une identité légale pour tous d’ici à 2030.

✍️ Guillaumette KABEMBA PUBI

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