
La situation de la maladie à virus Ebola, de la rougeole et du choléra a été au centre de la réunion de coordination stratégique consacrée à la gestion des principales menaces sanitaires en République démocratique du Congo. La rencontre, placée sous la présidence du ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, a été tenue ce mardi par le directeur général de l’Institut national de santé publique (INSP).
Les échanges ont porté sur l’évolution épidémiologique, les capacités de surveillance et les interventions à renforcer dans les différentes provinces concernées.
Concernant la maladie à virus Ebola (MVE), la situation épidémiologique cumulée fait état de 4 209 cas confirmés, avec une létalité estimée à 45,5 %. La riposte se poursuit dans quatre provinces, à savoir l’Ituri, la Tshopo, le Bas-Uele et le Haut-Uele, couvrant au total 53 zones de santé.
Le Sud-Kivu, pour sa part, est considéré comme sorti de l’épidémie après avoir enregistré plus de 42 jours sans nouveau cas confirmé.
L’un des faits marquants examinés au cours de la réunion concerne l’embarcation en provenance de la Mongala, arrivée au port de Bena-Bende avec environ 931 personnes à bord. Les échantillons prélevés sur les personnes concernées se sont tous révélés négatifs.

Cette situation a néanmoins permis de tester et de renforcer les capacités de préparation et de surveillance au niveau du port de Bena-Bende. Les autorités sanitaires souhaitent tirer les enseignements de cet épisode afin de renforcer la détection précoce face à d’éventuelles menaces sanitaires futures.
La situation dans la Tshopo a également retenu l’attention des participants. Selon les éléments présentés, la majorité des cas confirmés enregistrés dans cette province seraient liés à des personnes en provenance de Niania, en Ituri.
Face à ce risque, il a été recommandé de renforcer les capacités de surveillance et de prise en charge précoce dans les zones frontalières entre la Tshopo et l’Ituri, notamment à Bafwasende et Bakubi.
L’objectif est d’éviter une propagation plus importante du virus vers Kisangani et de pouvoir détecter et prendre en charge rapidement d’éventuels cas.
La question de la vaccination contre Ebola a également été abordée, notamment l’utilisation du vaccin Ervebo, déjà utilisé contre la souche Zaïre. Les participants ont souligné l’importance des essais cliniques visant à produire des données scientifiques sur son éventuelle efficacité dans le contexte de la souche Bundibugyo, tout en permettant, dans le même temps, de contribuer à sauver des vies.
Sur le front de la rougeole, les données présentées font apparaître une évolution favorable. Les notifications hebdomadaires sont passées de plus de 3 000 cas à environ 2 400 cas, soit une tendance à la baisse observée dans plusieurs provinces touchées par l’épidémie.
Pour les autorités sanitaires, cette évolution reste encourageante, mais elle nécessite le maintien et le renforcement des capacités de riposte afin de consolider durablement cette tendance.
Des équipes d’intervention rapide ont par ailleurs été briefées au Centre des opérations d’urgence de santé publique. Elles doivent être déployées dans sept provinces afin de mettre en œuvre la stratégie de riposte contre la rougeole et de conduire des analyses des causes profondes de la persistance de la maladie.
Cette intervention intervient alors que les autorités préparent également une campagne de vaccination combinée rougeole-rubéole, destinée à renforcer la protection des populations et à consolider les progrès enregistrés.
La réunion a également fait le point sur la réponse au choléra. Les participants ont relevé que plusieurs provinces de l’Est du pays, notamment le Nord-Kivu, le Sud-Kivu et le Tanganyika, continuent de notifier un nombre important de cas de choléra et de rougeole.

La priorité reste d’améliorer l’accès aux populations affectées et de renforcer les interventions de santé publique dans les zones les plus touchées.
Dans cette perspective, les partenaires techniques et financiers, notamment l’UNICEF et l’OMS, ont réaffirmé leur engagement à collaborer avec le gouvernement afin de renforcer les activités d’immunisation et les autres interventions nécessaires pour limiter la circulation des agents pathogènes au sein des communautés.
Au terme de la réunion, les participants ont insisté sur la nécessité de procéder rapidement à une revue de la situation liée à l’embarcation arrivée à Bena-Bende.
L’objectif est de documenter les mesures prises, d’identifier les éventuelles insuffisances et de tirer les leçons susceptibles de contribuer au renforcement du système national de surveillance et de détection précoce des menaces sanitaires.
La réunion a ainsi permis de dégager plusieurs priorités pour les prochaines semaines : maintenir la surveillance contre Ebola, renforcer les capacités aux points d’entrée et dans les zones frontalières, poursuivre la riposte contre la rougeole et le choléra, et consolider la collaboration entre le gouvernement et ses partenaires sanitaires.
✍️ Guillaumette KABEMBA PUBI