
Alors que la riposte contre l’épidémie de maladie à virus Ebola se poursuit en Ituri, les organisations féminines engagées au niveau communautaire jouent un rôle important auprès des populations. À Bunia, le Représentant résident du Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA) a échangé avec plusieurs d’entre elles afin de mieux comprendre leur contribution, leurs difficultés et les moyens de renforcer leur participation à la réponse.
Cette rencontre avait pour objectif de mettre en lumière les actions menées par les organisations de femmes sur le terrain, d’identifier les défis auxquels elles sont confrontées et de dégager des stratégies concrètes pour renforcer les synergies, les collaborations et les actions conjointes entre les acteurs communautaires et institutionnels impliqués dans la riposte.
Les échanges ont notamment porté sur les principaux enjeux auxquels les femmes, les filles et les personnels de santé sont confrontés dans un contexte marqué par la présence du virus Ebola.
Parmi les principaux sujets abordés figure l’impact de l’épidémie sur les femmes enceintes et la continuité des services de santé sexuelle et reproductive.
Dans un contexte épidémique, la crainte de la contamination, les difficultés d’accès aux structures de santé et la perturbation de certains services peuvent fragiliser davantage les femmes ayant besoin d’un suivi médical, notamment les femmes enceintes.
La continuité des services liés à la santé sexuelle et reproductive apparaît ainsi comme un enjeu important de la réponse, afin d’éviter que la crise sanitaire n’entraîne des conséquences supplémentaires pour les femmes et les nouveau-nés.
Les organisations féminines ont également évoqué la nécessité de maintenir les services de prévention et de prise en charge des violences basées sur le genre (VBG) pendant la période de riposte.
Pour les acteurs communautaires, les mécanismes de protection et d’accompagnement des survivantes doivent rester opérationnels malgré les contraintes liées à l’épidémie.
Cette continuité permet notamment de préserver l’accès à l’écoute, à l’orientation et aux services essentiels pour les personnes exposées aux violences.
La stigmatisation constitue un autre défi soulevé lors des échanges.
Les femmes ayant survécu à Ebola peuvent être confrontées à des attitudes de rejet ou de méfiance au sein de leurs communautés, malgré leur guérison.
Pour l’UNFPA et ses partenaires, la réinsertion communautaire des survivantes constitue donc un volet important de la réponse.
Au-delà de leur guérison médicale, ces femmes doivent pouvoir retrouver leur place dans leurs familles et leurs communautés, sans être réduites à leur statut d’anciennes malades.
La sensibilisation apparaît dès lors comme un outil essentiel pour combattre les préjugés, favoriser l’acceptation et renforcer la cohésion sociale.
La situation des personnels soignants a également occupé une place importante dans les discussions.
En première ligne face à l’épidémie, les professionnels de santé sont exposés à une forte pression. Les sages-femmes sont particulièrement concernées en raison de leur rôle dans la continuité des soins maternels et de santé reproductive.
La santé mentale et le soutien psychosocial de ces professionnels constituent donc un enjeu majeur.
Pour les organisations féminines, prendre soin de celles et ceux qui prennent en charge les patients est indispensable pour maintenir la qualité et la continuité des services pendant la crise.
Au terme des échanges, l’UNFPA a réaffirmé son engagement à accompagner les organisations féminines et à renforcer leur leadership dans la réponse à Ebola.
L’agence entend notamment placer la protection, la dignité et le bien-être des femmes et des filles au cœur des interventions.
Cette approche reconnaît le rôle joué par les organisations communautaires dans la sensibilisation, l’accompagnement des familles, la lutte contre la stigmatisation et l’identification des besoins des populations.
À Bunia, le dialogue entre les organisations féminines et l’UNFPA ouvre ainsi la voie à une collaboration plus étroite entre acteurs communautaires et institutionnels.
Dans une épidémie où la confiance des populations constitue un élément essentiel de la riposte, l’implication des femmes apparaît comme un levier important pour rapprocher les interventions sanitaires des réalités vécues dans les communautés.
✍️ Guillaumette KABEMBA PUBI