La maladie à virus Ebola continue de sévir dans l’est et le nord-est de la République démocratique du Congo. Selon les dernières données présentées par l’Institut national de santé publique (INSP), l’épidémie affecte désormais six provinces et 56 zones de santé, avec un cumul de 5 290 cas confirmés.
Les provinces concernées sont l’Ituri, le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, le Haut-Uélé, le Bas-Uélé et la Tshopo.

L’Ituri demeure la province la plus touchée
Avec 28 zones de santé affectées sur 36, l’Ituri concentre la plus forte extension géographique de l’épidémie. Les zones concernées sont notamment Aru, Aungba, Bambu, Bunia, Damas, Drodro, Gethy, Kilo, Komanda, Lita, Logo, Mambasa, Mangala, Mongbwalu, Nizi, Nyankunde, Rwampara, Tchomia, Kambala, Nia-Nia, Fataki, Mandima, Lolwa, Boga, Ariwara, Mahagi et Adja.
Le Nord-Kivu compte pour sa part 12 zones de santé touchées sur 34, parmi lesquelles Beni, Butembo, Goma, Kalunguta, Katwa, Kyondo, Oicha, Vuhovi, Mabalako, Masereka, Musienene et Lubero.
Au Sud-Kivu, seule la zone de santé de Miti-Murhesa est actuellement concernée. Elle totalise toutefois 79 jours sans nouveau cas confirmé, selon les données communiquées.
Dans le Haut-Uélé, six zones de santé sur 13 sont affectées : Boma-Mangbetu, Gombari, Isiro, Pawa, Rungu et Wamba. Le Bas-Uélé compte deux zones touchées, Buta et Viadana, tandis que la Tshopo enregistre sept zones concernées sur 23 : Bafwasende, Kabondo, Lubunga, Makiso-Kisangani, Mangobo, Wanie-Rukula et Tshopo.

Plus de 5 000 cas confirmés
Sur le plan national, le cumul des cas confirmés s’établit à 5 290. Parmi les patients pris en charge, 837 sont actuellement en isolement ou hospitalisés, tandis que 1 152 personnes ont été déclarées guéries après une double négativation et ont pu être réintégrées dans leurs communautés.
L’épidémie a cependant déjà causé 2 516 décès parmi les cas confirmés, soit un taux de létalité global de 47,6 %.
Le taux global de suivi des contacts est estimé à 82,9 %, un indicateur jugé essentiel pour détecter rapidement d’éventuels nouveaux cas et interrompre les chaînes de transmission.
2 000 doses de vaccin déployées dans la Tshopo
Face à la persistance de la transmission, les autorités sanitaires poursuivent la vaccination dite compassionnelle dans les zones prioritaires.
Dans la province de la Tshopo, 2 000 doses du vaccin ERVEBO ont été déployées notamment dans les zones de santé de Makiso-Kisangani, Kabondo, Mangobo et Buta.
Parallèlement, l’évaluation des centres de traitement Ebola (CTE) se poursuit en Ituri. Les équipes de riposte bénéficient également d’un renforcement logistique avec la réception de 16 véhicules de l’UNICEF destinés aux équipes de décontamination.
Des guérisons et un renforcement de la prise en charge
La riposte rapporte également des résultats encourageants sur le volet de la prise en charge. Trente-sept nouveaux patients ont été déclarés guéris, portant le nombre cumulé des personnes rétablies à 1 152.
Dans le Haut-Uélé, la capacité de prise en charge a par ailleurs été renforcée pour atteindre 130 lits, grâce à l’aménagement des hôpitaux généraux de référence de Wamba et Isiro.
La mobilisation communautaire se poursuit
La lutte contre Ebola repose également sur l’implication des communautés. En Ituri, plus de 8 000 personnes ont été touchées par des activités de sensibilisation de masse et des visites à domicile dans sept zones de santé.
À Beni, 90 leaders communautaires ont été mobilisés afin de renforcer l’adhésion des populations aux mesures de prévention et de riposte.
Dans la Tshopo, les équipes ont également obtenu la levée de deux résistances communautaires signalées à Mangobo et Makiso.
Une riposte organisée sur 180 jours

Sur le plan de la gouvernance, les autorités sanitaires ont validé, sous la présidence du ministre de la Santé publique, le plan de monitoring, de vérification et d’évaluation (MVE) de deuxième génération. Un plan multisectoriel de préparation et de réponse couvrant une période de 180 jours a également été examiné avec l’appui des partenaires techniques et financiers.
Ces mesures visent à renforcer la coordination de la riposte, la surveillance épidémiologique, la prise en charge des malades, la vaccination, ainsi que l’engagement communautaire.
Les autorités rappellent que les données épidémiologiques restent évolutives et peuvent être ajustées après consolidation, validation et harmonisation des informations provenant des provinces et des différents piliers de la riposte.
En cas de symptômes ou de suspicion d’Ebola, la population est invitée à contacter gratuitement le 151.
✍️ APD
