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Biodiversité : la RDC et l’Angola renforcent leur coopération contre le trafic de faune et de bois

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L’essor du Corridor de Lobito ne concerne pas uniquement les échanges commerciaux et le transport des minerais. La montée en puissance de cet axe stratégique fait également craindre une intensification des trafics illicites de faune, de bois et d’autres ressources naturelles. Face à ce risque, la République démocratique du Congo et l’Angola veulent renforcer leur coopération transfrontalière.

La République démocratique du Congo et l’Angola cherchent à mettre en place une réponse commune face aux menaces qui pourraient accompagner le développement du Corridor de Lobito, notamment le trafic d’espèces sauvages, de bois et d’autres ressources naturelles.

Une réunion technique transfrontalière réunissant plusieurs institutions des deux pays s’est tenue avec l’appui de l’African Wildlife Foundation (AWF) et un financement du Bureau of International Narcotics and Law Enforcement Affairs (INL) du gouvernement américain. Cette rencontre s’inscrit dans le cadre du projet consacré à la lutte contre le trafic de faune, de bois et d’autres ressources naturelles en RDC.

Le Corridor de Lobito constitue aujourd’hui un important axe régional reliant les zones minières de la RDC et de la Zambie au port angolais de Lobito sur l’océan Atlantique. Son développement doit favoriser les échanges commerciaux, améliorer les infrastructures et renforcer l’intégration économique régionale.

Mais l’augmentation des mouvements de personnes et de marchandises peut également être exploitée par des réseaux criminels spécialisés dans le commerce illégal des ressources naturelles.

Pour les acteurs de la conservation, l’enjeu consiste donc à accompagner le développement économique du corridor par des mécanismes capables de protéger les écosystèmes et de prévenir les trafics.

« Le corridor de Lobito représente une opportunité majeure pour le développement des populations de nos deux pays », a souligné Antoine Tabu, directeur pays de l’AWF en RDC, tout en alertant sur les risques liés aux activités illicites.

Les autorités congolaises et angolaises ont identifié plusieurs axes considérés comme particulièrement sensibles. Il s’agit notamment des corridors de Luvuei et Luau-Dilolo, ainsi que des axes Muanda-Soyo et Soyo-Boma.

L’objectif est de mieux comprendre les itinéraires utilisés par les trafiquants, les produits les plus recherchés et les techniques employées pour contourner les contrôles.

La stratégie envisagée prévoit notamment une cartographie des routes de trafic, l’identification des espèces et produits forestiers les plus exposés ainsi que le renforcement des contrôles documentaires aux postes frontaliers et douaniers.

Au-delà des contrôles physiques et des outils technologiques, les autorités veulent renforcer le partage d’informations entre les services impliqués dans la lutte contre la criminalité environnementale.

En RDC, plusieurs structures sont concernées, notamment l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN), les services douaniers, les services de contrôle et les institutions judiciaires. Côté angolais, l’Instituto Nacional da Biodiversidade e Áreas de Conservação (INBAC) et les services compétents du ministère de l’Environnement participent également à cette démarche.

Cette coopération doit permettre de mieux suivre les réseaux criminels qui profitent des frontières pour déplacer illicitement des produits issus de la faune et des forêts.

Les deux pays souhaitent désormais passer à une coopération plus opérationnelle. Les travaux engagés doivent notamment aboutir à la désignation de points focaux, à l’élaboration d’un plan d’action et, à terme, à la mise en place d’opérations conjointes le long des frontières communes.

Pour l’AWF, la lutte contre la criminalité faunique et forestière ne peut être efficace si chaque pays agit séparément. Les réseaux de trafic étant transnationaux, les mécanismes de surveillance et de répression doivent eux aussi dépasser les frontières.

L’enjeu est donc de faire du Corridor de Lobito non seulement un moteur de croissance et d’intégration régionale, mais également un espace où le développement économique peut se conjuguer avec la protection de la biodiversité et la gestion durable des ressources naturelles.

Pour la RDC et l’Angola, le défi est désormais de transformer cette volonté de coopération en actions concrètes capables de fermer progressivement les voies empruntées par les trafiquants.

✍️ Guillaumette KABEMBA PUBI

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