Spread the loveAu terme d’une mission d’évaluation en Ituri, épicentre de la 17ᵉ épidémie de maladie à virus Ebola (MVE), le Directeur général de l’Institut national de santé publique (INSP), Dr Dieudonné Mwamba Kazadi, a présenté, vendredi à Kinshasa alors d’une conférencede presse tenue au siege de l’INSP, les conclusions de son séjour sur le […]
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Au terme d’une mission d’évaluation en Ituri, épicentre de la 17ᵉ épidémie de maladie à virus Ebola (MVE), le Directeur général de l’Institut national de santé publique (INSP), Dr Dieudonné Mwamba Kazadi, a présenté, vendredi à Kinshasa alors d’une conférencede presse tenue au siege de l’INSP, les conclusions de son séjour sur le terrain. Face à une épidémie qui demeure active, il a fait le point sur l’évolution de la situation, les avancées de la riposte et la stratégie vaccinale qui sera progressivement déployée dans les provinces touchées.
Déclarée le 15 mai 2026, cette 17ᵉ épidémie, causée par la souche Bundibugyo du virus Ebola, totalisait au 20 août 5 300 cas confirmés, dont 2 557 décès, soit un taux de létalité de 47,6 %. Les autorités sanitaires enregistrent également 1 167 guérisons, tandis que 737 patients sont encore pris en charge dans les Centres de traitement Ebola (CTE). Le suivi des contacts atteint désormais 85 %, un indicateur jugé essentiel pour interrompre la chaîne de transmission.
« Nous continuons à être dans la phase active de l’épidémie. Nous enregistrons chaque jour de nouveaux cas et de nouveaux décès, dont la majorité survient encore dans les communautés », a déclaré le Dr Dieudonné Mwamba.
L’épidémie touche désormais six provinces : l’Ituri, le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, la Tshopo, le Haut-Uele et le Bas-Uele. Toutefois, l’Ituri demeure de loin la province la plus affectée.
« À elle seule, l’Ituri représente environ 85 % des cas confirmés. Elle reste l’épicentre de cette épidémie », a souligné le Directeur général de l’INSP.
Pour lui, les principaux moteurs de la propagation sont les mouvements de populations, particulièrement dans les zones minières où convergent des travailleurs venus de plusieurs provinces. Beaucoup regagnent leur région d’origine dès les premiers symptômes, souvent assimilés à un simple paludisme ou à une fièvre typhoïde.
« Les personnes quittent les sites miniers alors qu’elles sont déjà infectées. Elles rentrent à Kisangani, à Isiro ou ailleurs et transportent malheureusement le virus avec elles », a-t-il expliqué.
Le responsable de l’INSP a également cité le transport des dépouilles comme un facteur important de propagation. Il a rappelé le cas d’une femme décédée en Ituri dont le corps a été transféré jusqu’à Kisangani, contribuant ainsi à l’apparition des premiers cas dans la province de la Tshopo.
Le Dr Dieudonné Mwamba a salué les progrès réalisés depuis le début de la réponse. Alors qu’un seul laboratoire assurait initialement le diagnostic, 21 laboratoires sont aujourd’hui opérationnels dans les zones affectées, avec le déploiement prévu de nouveaux laboratoires mobiles.
« Nous avons aujourd’hui près d’une quarantaine de centres de traitement Ebola et plusieurs autres sont en cours de construction ou d’extension », a-t-il indiqué.
Selon lui, tous les piliers de la riposte sont mobilisés, notamment la surveillance, le laboratoire, la prise en charge médicale, nutritionnelle et psychosociale, la communication sur les risques, la recherche ainsi que la vaccination.
L’une des principales orientations annoncées concerne le renforcement de l’engagement communautaire. Après une première phase organisée autour des provinces et des zones de santé, la riposte sera désormais conduite au niveau des villages et des quartiers.
« Il faut descendre jusqu’au niveau des villages, responsabiliser les chefs de villages et les chefs de quartiers afin qu’ils identifient rapidement les malades, suivent les contacts et sensibilisent leurs communautés », a affirmé le Directeur général de l’INSP.
Cette stratégie sera intégrée dans le nouveau plan opérationnel de six mois, actuellement en cours de finalisation.
Concernant la vaccination, le Dr Dieudonné Mwamba a indiqué que la RDC dispose d’un premier lot de 20 750 doses.
« Nous avons 750 doses destinées à protéger nos prestataires de première ligne et 20 000 doses qui permettront également de poursuivre les essais cliniques afin d’évaluer l’efficacité du vaccin contre la souche Bundibugyo », a-t-il expliqué.
En raison du nombre limité de doses disponibles, les autorités ont opté pour une stratégie progressive.
« Nous allons commencer par une stratégie de ceinture autour de l’Ituri afin de limiter la propagation du virus vers les provinces voisines, notamment la Tshopo, le Haut-Uele et le Bas-Uele », a précisé le DG de l’INSP.
Les professionnels de santé seront les premiers bénéficiaires de cette campagne avant une extension progressive aux contacts à haut risque, puis à d’autres groupes prioritaires selon les disponibilités des vaccins.
Pour le Directeur général de l’INSP, la réussite de la riposte dépend désormais de la confiance et de l’implication des populations.
« Nous ne pouvons pas empêcher totalement les déplacements des populations. Ce que nous demandons, c’est qu’en cas de symptômes, les personnes restent sur place, consultent rapidement un centre de santé et évitent toute manipulation des dépouilles sans les équipes spécialisées », a-t-il insisté.
À travers cette nouvelle stratégie axée sur la proximité, les autorités sanitaires espèrent réduire les transmissions communautaires, protéger les provinces encore peu touchées et reprendre progressivement le contrôle de cette 17ᵉ épidémie d’Ebola, considérée comme l’une des plus complexes que le pays ait connues en raison de la forte mobilité des populations et de l’absence d’un vaccin spécifiquement homologué contre la souche Bundibugyo.